Les conséquences négatives de la crise qui secoue le Moyen-Orient ne s’arrêtent pas à la hausse des coûts de l’énergie. Elles touchent aussi les monnaies, notamment 29 d’entre elles, entraînant ainsi une hausse du coût du service de la dette extérieure ainsi que des importations de produits essentiels.
Cette information est tirée d’un rapport publié par la Banque africaine de développement (BAD), la Commission de l’Union africaine, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA).
Au-delà de la dépréciation des monnaies, une fragilisation des économies
Ce document, au-delà de révéler la dépréciation de 29 monnaies africaines, met en garde contre les effets du conflit au Moyen-Orient sur les économies africaines. Et ils sont de plusieurs sortes.
Ainsi, la flambée des prix de l’énergie, des denrées alimentaires et des engrais, exacerbée par les tensions géopolitiques, accentue les pressions inflationnistes et fragilise davantage les économies du continent. Les prix mondiaux du pétrole ont ainsi progressé de plus de 50 % à fin mars.
Les perturbations des chaînes d’approvisionnement énergétique dans le Golfe affectent notamment l’accès à des intrants agricoles clés comme l’ammoniac et l’urée, en pleine période de semis, faisant peser des risques accrus sur la production agricole et la sécurité alimentaire, en particulier dans les pays dépendants des importations.
"La poursuite et l’escalade du conflit aggravent l’instabilité mondiale, avec de sérieuses répercussions sur les marchés de l’énergie, la sécurité alimentaire et la résilience économique, en particulier en Afrique”, a déclaré Mahmoud Ali Youssouf.
Une marge réduite pour les économies africaines
Le rapport souligne que les chocs actuels se propagent plus rapidement que lors des crises précédentes, laissant aux économies africaines peu de marge d’ajustement et appelant à des réponses politiques urgentes.
Pour Claver Gatete, secrétaire exécutif de la CEA, “cette situation constitue un tournant”pour le continent, qui doit accélérer sa transition vers la sécurité énergétique, la souveraineté alimentaire et l’autonomie financière.
La nécessité d’une action coordonnée pour résister
Les institutions partenaires appellent à une action coordonnée autour de trois axes : des mesures immédiates pour protéger les ménages et stabiliser les approvisionnements, des réformes à moyen terme pour renforcer la sécurité énergétique et le commerce régional, notamment dans le cadre de la Zlecaf, et des réformes structurelles visant à accroître la mobilisation des ressources intérieures.
"À mesure que les crises mondiales se multiplient, la réponse de l’Afrique doit évoluer, passant de la gestion des chocs à la construction de la résilience”, a souligné Sidi Ould Tah, président de la banque africaine de développement (BAD).
Pour les auteurs du rapport, “le renforcement de l’intégration régionale et l’accélération des solutions financières africaines seront déterminants pour permettre au continent de faire face aux chocs futurs et de réduire sa vulnérabilité économique”. (Eco-TransContinentsAfrica)
