Recours au Total Return Swap : le Sénégal se défend

RÉPLIQUE. Accusé dans la presse internationale d’avoir eu recours à des montages financiers opaques, le Sénégal dément et assure être dans une stratégie transparente et avantageuse de mobilisation des ressources.

Recours au Total Return Swap : le Sénégal se défend

Les temps sont décidément durs en ce moment pour le Sénégal au regard des signaux envoyés de plusieurs sources pointant du doigt son niveau d’endettement estimé à 120 % du PIB ainsi que les réponses retenues par le pays de la Teranga pour honorer ses échéances et éviter la restructuration de sa dette. Et l’épisode actuel  avec les accusations d’opacité liée à l’utilisation par le Sénégal d’instruments financiers de type Total Return Swap (TRS) en est une forte illustration. 

Les Total Return Swap en question

Selon le Financial Times, le Sénégal aurait secrètement obtenu environ 650 millions d’euros d’emprunts en 2025 via des accords financiers complexes (des total return swaps) avec des institutions comme Africa Finance Corporation et First Abu Dhabi Bank, sans que ces opérations ne soient pleinement divulguées au public ou aux marchés, ce qui soulève des questions de transparence et de divulgation vis‑à‑vis d’institutions comme le Fonds monétaire international ; ces prêts auraient servi à renforcer la trésorerie du pays pour éviter un défaut de paiement.

Le Sénégal indique être dans une stratégie maîtrisée

Réagissant à ces accusations, le ministère sénégalais des Finances et du Budget affirme que ces opérations s’inscrivent dans une stratégie maîtrisée de diversification des financements.

Dans un communiqué transmis ce mardi soir à l’agence APAnews, l’institution indique que le recours aux TRS vise à élargir la base des investisseurs, notamment étrangers, et à renforcer la liquidité du marché financier régional, dans un contexte international marqué par un durcissement des conditions d’accès aux capitaux.

Le ministère souligne que ces opérations, réalisées entre avril et novembre 2025 à travers sept émissions de titres publics, ont été conduites conformément au calendrier d’émission et dans le respect des lois de finances adoptées par le Parlement.

Et d’ajouter que les conditions obtenues sont jugées avantageuses, avec un taux net d’environ 7,1 %, inférieur aux rendements observés sur les marchés internationaux des Eurobonds, estimés entre 11 % et 12 % en 2025. Ces choix auraient ainsi permis de générer des économies substantielles pour le Trésor public.

"Des opérations sont menées dans la plus grande transparence", estime le Sénégal

Dans la même logique de repousser les critiques émises ici et là, le ministère insiste sur la transparence des opérations, rappelant que les résultats des adjudications sont publiés après chaque émission et que le recours aux TRS a été mentionné dans des documents officiels, notamment le rapport économique et financier annexé à la loi de finances 2026.

"L’exécution du plan de financement 2025 a fait l’objet d’échanges réguliers avec le Fonds monétaire international (FMI), incluant les opérations de TRS, et que l’ensemble des montants mobilisés a servi exclusivement à couvrir les besoins budgétaires de l’exercice 2025”, ajoute le ministère des Finances sénégalais.

"L’échéance de l’Eurobond évoquée dans la presse a été honorée en mars 2026, rejetant tout lien avec les besoins de financement de l’année en cours”, poursuit l’institution.

Réitérant son engagement, le ministère des Finances assure que la gestion de la dette publique reste ”prudente, transparente et responsable”, tout en maintenant un dialogue constant avec les partenaires techniques et financiers. (Eco-TransContinentsAfrica)

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