Ces 11 accords signés la veille de l’ouverture du sommet Africa Forward viennent consolider une coopération déjà bien nouée autour de questions de défense. Il ne faut en effet pas oublier qu'un accord avait déjà été signé en octobre dernier entre les deux pays pour renforcer la coopération en matière de partage de renseignements, de sécurité maritime et de maintien de la paix.
Des accords qui concernent des domaines à impact
Parmi les les accords signés, l'accord phare porte sur la réhabilitation et la modernisation du réseau ferroviaire de banlieue de Nairobi pour 12,5 milliards de shillings kényans. Le président Ruto a décrit ce chantier comme un pilier central du programme de modernisation des transports urbains du Kenya. En première ligne de ce contrat d'infrastructure à grande échelle, il y a des consortiums français comme Vinci.
Pour ce qui est des autres accords, ils couvrent l'expansion de l'énergie éolienne, la coopération nucléaire, des partenariats en intelligence artificielle, les exportations de thé, la préparation aux épidémies, et les chaînes de valeur agricoles.
Sur la coopération nucléaire, l’expertise d’EDF en fait un partenaire naturel alors que le Kenya explore l'énergie nucléaire civile pour diversifier son mix énergétique au-delà de la géothermie.
Pour résumer l’esprit de ces accords, le président Willam Ruto a indiqué que “le président Macron et (lui) ont convenu que le sommet Africa Forward doit passer du dialogue à la mise en œuvre, avec un accent clair sur l'investissement, l'innovation et les partenariats qui produisent des résultats mesurables”.
Face à une concurrence rude, un modèle à repenser
Cela dit, s’il faut saluer le milliard de dollars des 11 accords bilatéraux, il y a lieu de le situer dans l'environnement de concurrence qu’est le Kenya. Ce montant est certes significatif mais il est modeste face aux investissements chinois en Afrique qui atteignent plusieurs dizaines de milliards par an.
Pour ce qui est de la nature des accords qui portent sur les infrastructures, le transport et l’énergie, il reproduit le modèle suivant : la France apporte l'ingénierie et le financement, le Kenya apporte le marché et les ressources. Autrement dit, la question de la valeur ajoutée retenue localement reste posée. (Eco-TransContinentsAfrica)
