Cacao : le phénomène météo El Niño va impacter le prix des fèves

PRÉVISIONS. Pour Barry Callebaut, l'un des principaux transformateurs de cacao au monde. les prix pourraient grimper de quelques milliers de livres par tonne métrique.

Cacao : le phénomène météo El Niño va impacter le prix des fèves

Est-il besoin de s’interroger encore sur le fait que le changement climatique a des répercussions bien au-delà des déséquilibres des saisons, de pluviométrie, des écarts thermiques et même de la biodiversité ? Parmi celles-ci, il y a les conséquences qu’il démontre de plus en plus sur le plan économique. Parmi les facteurs qui  en sont sa principale illustration, il y a le phénomène météorologique El Niño. De quoi s’agit-il ? 

Ce qu’est le phénomène El Niño

Il s’agit d’un phénomène climatique naturel périodique qui se produit en moyenne tous les deux à sept ans. Il consiste en un réchauffement anormal des eaux de surface de l'océan Pacifique tropical central et oriental, au large des côtes de l'Amérique du Sud.

Il faut savoir que, dans des conditions normales, les alizés, c’est à  dire les vents dominants d'est en ouest, soufflent des côtes américaines vers l'Asie et l'Australie. Elles poussent les eaux chaudes de surface vers l'ouest et font remonter des eaux profondes froides le long des côtes péruviennes et équatoriennes. Voilà pour la circulation normale du Pacifique tropical

Ce qui se passe lors d'un épisode El Niño, c’est que ces vents s'affaiblissent et vont parfois jusqu'à s'inverser. Résultat : les eaux chaudes s'accumulent dans le Pacifique central et oriental plutôt que d'être repoussées vers l'ouest. Cette anomalie thermique de surface perturbe les échanges entre l'océan et l'atmosphère et modifie les régimes de précipitations à l'échelle planétaire. 

L’une de ses conséquences collatérales est économique et concerne la filière du cacao. C’est sur cela qu’ a réagi la firme Barry Callebaut, l'un des principaux transformateurs de cacao au monde. 

Ce qui risque de se passer

Pour le président-directeur général de Barry Callebaut s’exprimant ce mardi et cité par Reuters “les conditions météorologiques liées à El Niño pourraient faire grimper les prix des fèves de cacao de quelques milliers de livres par tonne métrique”. “Cela pourrait réduire le rendement des cultures, y compris le cacao, limiter l'offre et faire grimper les prix”, a-t-il dit. “Cependant, les prix ne devraient pas augmenter aussi fortement qu'ils l'ont fait au cours des deux dernières années”, a poursuivi Hein Schumacher lors d'une conférence de presse.

Pour rappel, les contrats à terme sur le cacao à Londres se négocient actuellement à 2 944 livres (3 964 dollars) la tonne, contre plus de 9 000 livres en avril 2024.

"Habituellement, à la fin du mois de juin et en juillet, on sait en quelque sorte à quoi El Niño va conduire”, a déclaré Hein Schumacher, soulignant que des précipitations beaucoup plus importantes que la normale en Équateur et des températures beaucoup plus élevées en Afrique de l'Ouest faisaient partie des phénomènes que Barry observait “très prudemment”.

Or, il se trouve que l'Organisation météorologique mondiale a déclaré qu'il y avait 80 % de chances qu'un épisode El Niño se développe entre juin et août, et 90 % de chances qu'il dure au moins jusqu'en novembre. Conséquence : cela peut entraîner une hausse des températures mondiales et une perturbation des précipitations, ce qui se traduit par une sécheresse dans certaines régions et de fortes pluies dans d'autres. 

Si on ajoute à cela l’impact inévitable que ne peut manquer d’avoir la crise au Moyen-Orient, on aura compris que des faisceaux convergents sont en train de se constituer pour favoriser une certaine rareté et une augmentation des prix. 

Hein Schumacher a ainsi déclaré qu'il s'attendait à ce que le principal impact de la guerre au Moyen-Orient se fasse sentir sur le carburant, ce qui est la principale préoccupation de Barry en termes de coûts globaux pour l'année prochaine.

"Le carburant) a un impact direct sur nos activités et un impact indirect sur la demande, etc., et c'est quelque chose que nous devons examiner pour savoir dans quelle mesure nous pouvons compenser cela et voulons compenser cela”, a-t-il conclu. (Eco-TransContinentsAfrica

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