Le 29 mai dernier, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, a indiqué que la Chine mettrait en œuvre efficacement la politique du traitement tarifaire zéro. Il a ajouté que l’empire du milieu moderniserait les "canaux verts" pour les importations en provenance d'Afrique. Objectif : élargir l'accès au marché et mieux faire bénéficier le peuple chinois et ceux d'Afrique des avantages qui en seront retirés. Pour rappel, un "canal vert" signifie dans le langage douanier une voie d'accélération administrative pour les marchandises qui présentent un profil de risque faible et qui répondent à des critères préétablis.
Ce que disent les chiffres
En tout cas, selon les chiffres des douanes chinoises, sur les neuf premiers mois de 2025, le montant total des importations chinoises de café et de ses dérivés en provenance d'Afrique a dépassé les 504 millions de dollars. Il s'agit là d'un chiffre bien supérieur aux 157 millions de dollars enregistrés pour l'ensemble de l'année 2024.
Pour rappel, avant, les droits de douane sur les grains de café en provenance d'Afrique étaient de 8% à 13%. "En moyenne, le coût fiscal des matières premières baisse de 10%, ce qui pourrait se traduire par une réduction de 10% du prix final pour le consommateur", détaille M. Liu, interrogé par le quotidien Guangzhou Daily à l'occasion d'un festival de la culture du café à Guangzhou.
Pour Li Minting, une autre professionnelle du secteur du café, les répercussions vont bien au-delà de la seule question des prix.
"Le café est un produit agricole très sensible aux aléas climatiques. Si le Brésil ou la Colombie subissent une mauvaise récolte, l'Afrique peut être en excédent", explique-t-elle, mettant en évidence l'effet de complémentarité entre les deux principales régions productrices. "Autrefois, les cafés africains étaient plus chers. Grâce au traitement tarifaire zéro, leur prix final en renminbi pourrait se rapprocher de celui des cafés brésiliens ou colombiens", ajoute-t-elle. Et de poursuivre : "Cette politique permettra également de compenser efficacement la hausse des cours du café observée ces dernières années. Au final, ce sont les consommateurs qui en profiteront".
"On s'attend à une baisse du prix dans la tasse de l'ordre de 10%", estime de son côté Liu Qiao, fondateur d'un café basé à Guangzhou, dans la province chinoise du Guangdong, dans le sud. Un constat à apprécier à sa juste valeur car le secteur du café est l'un des plus dynamiques du marché chinois.
Une aubaine de cafés d’origine diverse
Au-delà, il y a un autre avantage lié à la diversité des origines des cafés, de quoi offrir des perspectives réjouissantes.
"L'Afrique est un véritable trésor pour le café. Outre l'Ethiopie, il y a le Kenya, le Rwanda, l'Ouganda, la Tanzanie, la Côte d'Ivoire... Dans tous ces pays, on produit des cafés de très grande qualité. Nous avons beaucoup plus de choix", apprécie M. Liu.
"Depuis l'annonce du traitement tarifaire zéro, de nombreux clients nous ont demandé de les aider à trouver des cafés africains au meilleur rapport qualité-prix pour leurs assemblages", confirme Mme Li qui ajoute : "Des grandes chaînes de cafés qui utilisaient jusqu'à présent les cafés d'Amérique centrale et du Sud s'intéressent désormais aux informations relatives à la politique du traitement tarifaire zéro". Et de conclure : "Compte tenu des avantages tarifaires et de la stabilité de la chaîne d'approvisionnement, elles envisagent de recentrer une partie de leurs achats sur l'Afrique".
De quoi véritablement faire de cette tarification zéro chinoise, un tremplin important qui pourrait propulser les cafés d'Afrique sur une orbite commerciale jamais atteinte auparavant. (Eco-TransContinentsAfrica)
