Ghana : suppression de la taxe sur l’exploration minière

DÉCISION. Pour stimuler les investissements dans ce secteur clé pour son économie, l’ex-Gold Coast a pris une initiative forte concernant la taxe sur la valeur ajoutée.

Ghana : suppression de la taxe sur l’exploration minière

C’est un virage important que vient de prendre le Ghana en revenant sur un point important de sa réorganisation, il y a vingt cinq ans, de son secteur minier. Le pays aujourd’hui présidé par John Dramani Mahama Ghana a en effet décidé d’abolir la taxe sur la valeur ajoutée sur l’exploration et la reconnaissance des minéraux. 

Celle-ci, de l’ordre de 15 %, couvrait les dépenses liées à l’exploration, telles que les travaux de forage et d’essai, ce qui augmente les coûts initiaux pour les entreprises opérant dans les premières étapes à haut risque des projets miniers.

Un record de production à petite échelle

Concrètement, que se passe-t-il sur le terrain ? 

Entre janvier et octobre, le Ghana a enregistré des exportations record d’or à petite échelle. celles-ci ont atteint 81,7 tonnes pour une valeur d’environ 8,1 milliards de dollars, dépassant pour la première fois les exportations à grande échelle de 74,1 tonnes pour une valeur de 6,6 milliards de dollars si l’on en croit les données du ministère des Finances. 

Pour rappel, le Ghana avait pour objectif de produire environ 144,5 tonnes d’or en 2025 et “, selon le ministre Forson, cette augmentation souligne l’impact des récentes réformes réglementaires qui ont formalisé l’exploitation minière artisanale et renforcé les contrôles à l’exportation, a déclaré Forson.

Une décision dans le sillage d’une volonté de vastes réformes

“La TVA sur l’exploration a eu un impact négatif sur notre compétitivité en tant que juridiction minière et a constitué un obstacle au pipeline de projets”, a déclaré Michael Akafia, président de la Chambre des mines. 

A l’instar de la Chambre des mines, les groupes industriels soutiennent depuis longtemps que la taxe décourage les investissements dans les nouveaux projets et érode la compétitivité du Ghana par rapport à la Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et au Kenya, qui exonèrent l’exploration de la TVA. 

De quoi faire dire au ministre Cassiel Ato Forson au Parlement lors de la présentation du budget 2026 que “l’abolition de la TVA permettra de rétablir la confiance des investisseurs, de stimuler l’activité dans les zones inexploitées et d’assurer la durabilité à long terme du secteur minier du pays”. 

Des objectifs bien identifiés

En tout cas, il s’agit, au-delà de stimuler les investissements, d’inverser plus de deux décennies de développement plutôt lent de ce pays qui soit dit en passant est le premier producteur de lingots d’Afrique. Comme l’a dit le ministre des Finances Forson, “cette mesure, qui s’inscrit dans le cadre d’une révision plus large de la TVA, vise à promouvoir une exploitation minière responsable et à freiner la prospection non réglementée qui a dégradé les forêts et les voies navigables”. 

A titre indicatif, le secteur minier du Ghana, qui représente plus d’un tiers des recettes d’exportation, est dominé par l’or, la bauxite et le manganèse. Et le gouvernement a lancé en novembre un audit dans le cadre de vastes réformes, afin d’augmenter les revenus de l’industrie dont voici les principaux opérateurs : Newmont, AngloGold Ashanti, Gold Fields, Perseus, Zijin et Cardinal Namdini. (Eco-TransContinentsAfrica)

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