“Les réformes font revenir les investisseurs en Afrique”, estime la banque Standard Chartered

OPTIMISME. C’est en s’appuyant sur les exemples du Nigeria et de l’Ouganda que le directeur général de la banque britannique, 6e au classement mondial, a émis cet avis.

“Les réformes font revenir les investisseurs en Afrique”, estime la banque Standard Chartered

Les gouvernements du Nigeria et de l'Ouganda ont attiré des bailleurs de fonds étrangers, des agences de crédit à l'exportation aux investisseurs privés du Golfe. Explication avancée par le directeur général de la Standard Chartered, banque britannique fondée en 1853 : “Des années de réformes douloureuses ont eu un impact bénéfique”. Ce changement pourrait compenser la diminution de l'aide internationale, les pays riches réorientant leurs dépenses vers la défense et les priorités nationales, réduisant ainsi le montant disponible pour les États africains.

Ce qui s’est joué autour des réformes 

Les réformes ont consisté notamment à simplifier la réglementation, à garantir des politiques fiables de la part des banques centrales, à améliorer la transparence et, dans le cas de pays tels que le Nigeria à supprimer les coûteuses subventions aux carburants.

Dalu Ajene, directeur général et responsable de la couverture en Afrique de Standard Chartered, l'une des plus grandes banques internationales opérant en Afrique, a indiqué que les réformes attiraient des financements concessionnels ainsi que des liquidités au taux du marché, y compris de la part de fonds spéculatifs et de gestionnaires d'actifs.

Et de faire un constat : “Les défis financiers après la pandémie de Covid-19 étaient “assez profonds, et qu'il y avait donc un état d'esprit d'aversion au risque”. 

Cela a changé et la réalité d’aujourd’hui est que “l'Afrique attire désormais à la fois des financements concessionnels, mais aussi des investisseurs en argent réel, qui peuvent maintenant la considérer d'une manière beaucoup plus sérieuse qu'ils ne l'auraient fait il y a trois ans, alors que de nombreux bilans africains étaient en mauvais état”, a  poursuivi Dalu Ajene. 

Un retour des investissements dans une tendance forte

“Les agences de crédit à l'exportation et les institutions de financement du développement ont en partie alimenté cette tendance”, a-t-il ajouté, citant des accords tels que le soutien d'UK Export Finance à une rénovation d’un milliard de dollars du port de Tin Can Island, dans la capitale commerciale du Nigeria, à savoir Lagos.

Les gestionnaires d'actifs et les fonds spéculatifs, en particulier ceux qui investissent dans la dette souveraine en monnaie locale, sont également revenus en Afrique, notamment en Égypte, au Nigeria, en Zambie, en Ouganda et au Ghana.

“Les investissements du Golfe, en particulier ceux des Émirats arabes unis, devraient augmenter”, a précisé le directeur général et responsable de la couverture en Afrique de Standard CharteredAjene, à mesure que les accords de partenariat économique global entre les Émirats arabes unis et les gouvernements africains, notamment l'Île Maurice, le Kenya, le Maroc et le Nigeria, entreront en vigueur.

Alors que les gouvernements du Golfe donneront probablement la priorité aux dépenses intérieures compte tenu de la guerre avec l’Iran, les investissements dans des secteurs tels que l'exploitation minière, l'énergie et la sécurité alimentaire devraient se poursuivre.

“Une fois que vous avez les cadres de coopération, vous pouvez commencer à voir le type d'investissements importants qui comptent”, a indiqué Dalu Ajene, ajoutant que les cadres pourraient débloquer des accords “considérables et significatifs” qui, auparavant, étaient souvent plafonnés à environ 100 millions de dollars.

Le recours à des instruments financiers comme autre solution

Ajene a également défendu l'utilisation par les gouvernements africains d'instruments financiers tels que les swaps de rendement total, généralement avec un gouvernement d'un côté et une banque de l'autre, que l'Angola, le Nigeria et le Sénégal ont lancés ces dernières années.

Le FMI et d'autres ont déclaré que les TRS pouvaient être opaques, mais Ajene a défendu leur rôle. “Il est en fait injuste de dire qu'ils ne sont pas transparents, et je pense qu'il est également injuste de les classer comme plus ou moins risqués”, a précisé le Directeur général de Standard Chartered. 

Pour rappel, le TRS (Total Return Swap), appelé en français dérivé de crédit sur transfert de rendement, est un produit dérivé qui transfère l'intégralité de la performance d'un actif détenu en échange d'une référence variable.

Selon le directeur général de Standard Chartered, “les TRS peuvent être plus flexibles et plus rapides à exécuter, offrant un financement alternatif lorsque les marchés sont tendus ou fermés, parallèlement à des structures telles que les placements privés, et que les entreprises commencent à utiliser ces instruments. Il a par ailleurs ajouté qu'un plus grand nombre de gouvernements étaient susceptibles de les utiliser”. “Standard Chartered effectue des transactions TRS”, a par ailleurs ajouté un porte-parole de la banque britannique qui a précisé que les détails étaient confidentiels”. (Eco-TransContinentsAfrica)

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