Minéraux critiques : ce que l’Afrique veut vraiment en faire

CHOIX. Plus qu’une option, l’industrialisation est un impératif que l’Afrique doit dompter pour que sa démographie galopante soit un atout et non une bombe à retardement.

Minéraux critiques : ce que l’Afrique veut vraiment en faire

Essentiellement cantonnée au rôle de fournisseurs de matières premières, l’Afrique veut changer la donne en s’insérant dans un nouveau paradigme qui lui permet de créer le maximum de valeur sur place et ainsi de fournir le plus d’emplois possible à ses millions de jeunes qui constituent la majeure partie de sa population. C’est dans cet esprit que ce qui est sorti du Forum ministériel sur les minéraux critiques tenu le 10 juillet à Abidjan est encourageant à travers la volonté affichée de développer la transformation locale.  

Prendre conscience du potentiel de l’Afrique

L’Afrique concentre près de 30 % des réserves mondiales de minéraux critiques, dont le cobalt, le lithium, le graphite, les terres rares, le cuivre, le nickel, le manganèse et les métaux du groupe platine. Les participants ont toutefois déploré que le continent continue d’exporter essentiellement des minerais non transformés, captant une faible part de la valeur générée par ces ressources.

Aborder autrement l’exploitation de ses ressources minières

Dans la capitale économique ivoirienne, les pays africains ont donc clamé haut et fort que les minéraux critiques dont ils regorgent devaient désormais être un moteur de leur industrialisation. L’idée de base est qu’il convient de privilégier, d’une part la transformation locale et, d’autre part, le développement de chaînes de valeur régionales. Objectif principal : sortir de la logique habituelle de l’exportation de minerais bruts. 

Dans une déclaration publiée à l’issue du Forum ministériel d’Abidjan sur les minéraux critiques, organisée par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), les ministres africains, représentants d’institutions continentales, du secteur privé et partenaires au développement ont appelé à une exploitation des ressources minières davantage créatrice de valeur, d’emplois et de croissance inclusive.

Plus que jamais, la transformation locale est un chemin pour permettre à l'Afrique de créer de la valeur en s'industrialisant mais aussi de fournir des emplois aux millions de jeunes qui représentent la majorité de sa population.
Plus que jamais, la transformation locale est un chemin pour permettre à l'Afrique de créer de la valeur en s'industrialisant mais aussi de fournir des emplois aux millions de jeunes qui représentent la majorité de sa population.

Ils ont plaidé pour des investissements dans les infrastructures énergétiques et de transport, le renforcement des capacités locales de transformation, une meilleure connaissance du potentiel géologique, ainsi que des cadres réglementaires et de gouvernance favorables aux investissements.

“L’Afrique est prête à faire des minéraux critiques un levier de transformation industrielle”, a ainsi déclaré le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa Coulibaly, en présentant la déclaration finale.

De son côté, le président du Groupe de la BAD, Sidi Ould Tah, a appelé à un changement de paradigme afin que les pays africains tirent pleinement profit de leurs ressources stratégiques grâce à des partenariats fondés sur la création de valeur sur le continent.

S’inscrire dans une logique de partenariat gagnant-gagnant 

Si d’un côté le forum a mis l’accent sur la coopération régionale, considérée comme essentielle pour bâtir des chaînes de valeur intégrées dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), il a aussi appelé à développer d’autres axes. 

Les intervenants ont ainsi insisté sur l’importance du transfert de technologies, du développement des compétences locales, de la transparence des chaînes d’approvisionnement et de la mobilisation de financements pour soutenir des projets industriels compétitifs.

La BAD, elle, a réaffirmé son engagement à accompagner les États africains dans la préparation de projets bancables, le financement des infrastructures et la mobilisation des investissements nécessaires au développement de chaînes de valeur durables dans le secteur des minéraux critiques. (Eco-TransContinentsAfrica)

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