Zijin Gold International est une filiale créée en 2025 pour regrouper et piloter l'ensemble des actifs aurifères de Zijin Mining en dehors de la Chine. La transaction a été annoncée alors que les cours de l'or dépassaient 5 000 dollars l'once. Sa date de clôture contractuelle a été fixée au 29 mai 2026. Allied Gold a confirmé que ses mines au Mali et en Côte d'Ivoire fonctionnent normalement. Elle a également indiqué qu’avec Zijin, le dialogue est toujours en cours pour finaliser les approbations réglementaires requises.
Quid du portefeuille acquis avec cette transaction ?
Pour bien comprendre la portée de cette transaction, il convient de savoir qu’Allied Gold exploite trois mines en Afrique de l'Ouest et prévoit d'en commissionner une quatrième. Quelles sont-elles ?
Il y a la mine de Sadiola au Mali, qui cible 400 000 onces par an d'ici 2029 après son expansion récente et la mise en place d'un nouveau code minier.
Puis, le complexe Bonikro-Agbaou en Côte d'Ivoire, avec une production cible de 175 000 à 195 000 onces annuelles. Le gouvernement ivoirien en détient 10 % des parts. Le troisième est le projet Kurmuk en Éthiopie. Actuellement en construction et attendu pour le second semestre 2026, ce sera la première grande mine commerciale d'or d'Éthiopie. Il vaudra 500 millions de dollars d'investissement en capital et promet une production annuelle de 290 000 onces à un coût de maintien de seulement 950 dollars par once.
Globalement, la production totale d'Allied Gold est estimée entre 11,7 et 12,4 tonnes en 2025 et ce, dans un conteste où le PDG de Zijin, Hongfu Lin, a qualifié Sadiola et Kurmuk d'"actifs générationnels à production multi-décennale".
Dans quelle stratégie évolue Zijin ?
A titre essentiel, la volonté de Zijin est d’être un pivot de l'or africain dans les trois ans.
Dans cette stratégie, le cuivre congolais lui a servi de socle. En effet, historiquement actif dans le cuivre à travers la mine Kamoa-Kakula en RDC, l'un des plus grands gisements de cuivre au monde, Zijin Mining a amorcé en 2024 une percée dans l'or africain avec le rachat de la mine Akyem au Ghana pour environ 1 milliard de dollars.

Avec comme objectif d’augmenter sa production, Zijin ayant atteint 90 tonnes d'or en 2025, sa production devrait avoisiner 105 tonnes en 2026. A l'horizon 2028, l'objectif visé est de 140 tonnes contre 110 tonnes en 2024. Du coup, la transaction Allied Gold devrait permettre de porter la production d'or de Zijin en Afrique à près de 1 million d'onces d'ici la fin de la décennie.
Quelle logique sous-tend sa démarche ?
A y voir de près, la mine de Sadiola au Mali et le complexe ivoirien sont proches de la mine Akyem au Ghana soit un pôle le long de ceintures aurifères prolifiques en Afrique de l'Ouest.
Parallèlement, le projet Kurmuk en Éthiopie est situé près de l'exploitation de zinc et de cuivre de Bisha, laquelle est détenue par Zijin en Érythrée lui offrant un potentiel considérable de collaboration en Afrique de l'Est. Avec la conclusion de la transaction, le portefeuille de Zijin Gold International comprend désormais 12 mines d'or dans 12 pays.
Une stratégie pensée vers un modèle industriel intégré
Ainsi, via Zijin, la Chine construit méthodiquement un portefeuille africain d'or dans des pays qui comptent parmi les plus riches du Sahel et du Golfe de Guinée : le Mali, la Côte d'Ivoire, le Ghana, l'Éthiopie. Loin des offres fragmentées observées de la part des pays occidentaux, la Chine s’inscrit dans une logique où le financement, la technologie, la gestion et l’extraction s’inscrivent dans un modèle industriel intégré.
La création en 2025 de Zijin Gold International comme filiale dédiée aux actifs hors-Chine représente donc une restructuration organisationnelle systématique conçue pour faciliter une expansion internationale rapide tout en maintenant le contrôle opérationnel depuis le siège social chinois. (Eco-TransContinentsAfrica)
