L'accès aux ressources naturelles redevient un sujet central sur le continent. L'Angola en offre une illustration nette avec son pétrole. Le pays veut inscrire son industrie dans le long terme. Pour ce faire, trois chantiers avancent en parallèle : relance de l'exploration, valorisation des ressources, investissements dans le raffinage.
Fin des cycles pluriannuels
Luanda prévoit de réformer son système d'attribution des concessions pétrolières et gazières. Objectif : accélérer l'exploration et attirer davantage de capitaux. Trois mesures structurent le projet : d'abord, l'abandon des cycles pluriannuels d'appels d'offres, ensuite, l'ouverture de plus de 100 blocs, principalement à terre, enfin, la réduction de six à trois mois du délai d'attribution.
La réforme a été présentée par Alcides Andrade, membre du conseil d'administration de l'Agence nationale du pétrole, du gaz et des biocarburants (ANPG). Elle s'inscrit dans un plan de développement des hydrocarbures sur 25 ans, dont l'adoption est attendue avant fin 2026. Les nouveaux blocs ne seront mis sur le marché qu'après ce feu vert.
Désormais, des contrats calibrés selon le risque
Au-delà des délais, l'ANPG entend différencier les conditions contractuelles selon le profil de chaque bloc. Gisements matures ou marginaux, ressources onshore, blocs en eaux profondes : les modalités ne seront plus uniformes.
La logique est simple. Il s'agit d'adapter les termes au niveau de risque doit inciter les compagnies à lancer de nouvelles campagnes et redonner du dynamisme à l'amont. Plus de forages, c'est la condition d'une production soutenue dans la durée.
Il faut dire que l'Angola part d'une base solide. Le pays extrait environ 1 million de barils par jour et a récemment obtenu des engagements d'investissement de plusieurs milliards de dollars de TotalEnergies et d'Eni.
Cela dit, la réforme ne garantit pas, à elle seule, une hausse des volumes car tout dépendra des découvertes et de leur mise en valeur.
Sonangol met le cap sur la Bourse
En tout cas, le chantier des concessions avance au moment où Sonangol prépare une nouvelle étape. À l'occasion de ses 50 ans, la compagnie nationale a réaffirmé son engagement en faveur d'une introduction en Bourse. Le 14 octobre, lors de l'African Energy Week (AEW) au Cap, son administrateur exécutif, Osvaldo Inácio, a indiqué que l'entreprise travaille à améliorer la performance de ses actifs. Il s'agit en fait d'offrir aux futurs actionnaires la perspective d'un rendement satisfaisant.
Ceci explique le regain d'intérêt pour l'exploration, la production, mais aussi le raffinage. Fin septembre, Sonangol a annoncé que la raffinerie de Lobito était achevée à environ 26 %, après 1,6 milliard de dollars investis, pour une mise en service envisagée en 2029. La première phase de celle de Cabinda, d'une capacité de 30 000 barils par jour, progresse. Un complexe pétrochimique est à l'étude.
S'ouvrir un horizon de plusieurs décennies
Réforme des concessions et préparation de l'IPO relèvent de démarches distinctes mais, en l'occurrence, elles éclairent les deux faces d'un même avenir : les conditions d'accès aux ressources et la performance des actifs chargés de les valoriser.
Sortie de l'OPEP début 2024, Luanda maîtrise désormais seule sa politique de production. L'enjeu dépasse la conjoncture : prolonger la vie d'une industrie qui reste le pilier de l'économie nationale. De l'Algérie au Nigeria, en passant par le Sénégal, les producteurs africains révisent eux aussi codes et contrats pour capter des capitaux devenus plus sélectifs à l'heure de la transition énergétique. (Eco-TransContinentsAfrica)
