Raffinerie Dangote : après le Nigeria, une unité en Afrique de l’Est

INITIATIVE. C’est la construction d’une raffinerie de 650 000 barils/jour dans l’Est africain que vient d’annoncer le magnat nigérian considéré comme l’homme le plus riche du continent.

Raffinerie Dangote : après le Nigeria, une unité en Afrique de l’Est

En ces temps troublés pour l’approvisionnement en carburant est devenu problématique, la décision du groupe Dangote de construire une raffinerie en Afrique de l’Est est une excellente nouvelle pour les pays de la sous-région concernée. Celle-ci traduit sa volonté d’étendre ses activités de raffinage au-delà du Nigéria, dans un contexte où le continent cherche à réduire sa dépendance aux importations de carburants.

Une condition : le soutien des gouvernements de la région

Intervenant jeudi dernier à Nairobi lors de la table ronde présidentielle du sommet “Africa We Build”, organisé par Africa Finance Corporation, Dangote a affirmé que son groupe était prêt à reproduire le modèle et l’ampleur de sa raffinerie de Lagos, à condition d’obtenir le soutien des gouvernements de la région.

D’après des sources locales citées par APAnews, Dangote a également sollicité l’appui des pays d’Afrique de l’Est pour mener à bien ce projet, qui pourrait transformer le paysage de l’approvisionnement en carburant dans la région.

Cette annonce intervient alors que le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie intensifient leurs discussions autour d’un projet de hub régional de raffinage à Tanga, en Tanzanie. 

Il a assuré que, si les États concernés s’engagent, son groupe construirait une raffinerie identique à celle du Nigéria. Bien que les discussions en soient encore à un stade préliminaire, il estime que le projet est solide et réalisable.

De son côté, le président kényan William Ruto a confirmé l’existence de discussions en cours avec Dangote et d’autres partenaires pour la construction d’une raffinerie commune à Tanga. Ce projet s’inscrit dans une stratégie visant à améliorer la sécurité énergétique de la région et à réduire la dépendance aux importations de produits pétroliers. Il a également précisé qu’un oléoduc reliant Mombasa à Tanga est envisagé pour assurer un approvisionnement régulier en pétrole brut.

Une ambition industrielle forte assumée

Cette future installation traiterait du pétrole brut provenant de plusieurs pays, dont la RDC et le Soudan du Sud. Fort de son expérience au Nigéria, Dangote s’est dit confiant quant à la faisabilité du projet.

Par ailleurs, Dangote a révélé que des travaux d’extension sont déjà en cours au Nigéria pour porter la capacité de raffinage à 1,4 million de barils par jour. Une telle infrastructure deviendrait, selon lui, la plus grande raffinerie au monde, représentant environ 10 % de la capacité de raffinage des États-Unis, tout en soutenant une importante production pétrochimique.

Un impératif pour l’autonomie de l’Afrique 

L’industriel a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de renforcer son autonomie industrielle, soulignant les risques liés à la dépendance aux importations. Il a notamment évoqué la volatilité récente des prix du polypropylène, dont le coût a fortement augmenté en quelques semaines, mettant en danger de nombreuses industries locales.

Selon lui, le développement de capacités locales est essentiel pour protéger les économies africaines et soutenir la croissance industrielle. La future raffinerie offrirait également des opportunités d’investissement importantes.

Une volonté d’ouverture du capital à des investisseurs africains

Dangote a d’ailleurs annoncé son intention d’ouvrir le capital de ses activités de raffinage aux investisseurs africains, avec des rendements en dollars, afin de favoriser une participation continentale à ce type d’infrastructures stratégiques.

Concernant le calendrier, il estime que la raffinerie d’Afrique de l’Est pourrait être opérationnelle dans un délai de quatre à cinq ans, une fois les accords conclus avec les États partenaires. (Eco-TransContinentsAfrica)

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