Secteur informel : son niveau au Maroc inférieur à la moyenne africaine

ESTIMATION. Selon la Banque africaine de développement, l’économie informelle a représenté près de 34 % du produit intérieur brut marocain sur la période 2015-2020.

Secteur informel : son niveau au Maroc inférieur à la moyenne africaine

Alors que la moyenne africaine dans les économies des différents pays est de 38,9 %, le secteur informel ne représente que près de 34 % du PIB du royaume chérifien. À l’origine de la constatation de cette donnée, la banque africaine de développement a relevé par ailleurs qu’une majorité de Marocains privilégient une baisse de la fiscalité fut-ce au détriment de services publics plus développés.

Les détails du constat de la BAD

C’est dans une présentation consacrée aux systèmes de mobilisation des recettes publiques en Afrique, dévoilée lors des Réunions du Caucus africain 2026 à Banjul que la BAD a classé le Maroc parmi les pays africains où le poids du secteur informel est relativement contenu, bien qu’il demeure important.

Selon l’institution, le Royaume figure parmi les douze pays du continent où l’économie informelle est la moins développée (33-34%), derrière le Togo et devant notamment l’Égypte, la Mauritanie, l’Algérie, le Kenya, le Botswana, la Namibie, l’Afrique du Sud et Maurice. La BAD précise toutefois que ces chiffres reposent sur une moyenne historique et ne reflètent pas nécessairement la situation économique actuelle.

L’institution s’est également intéressée à la perception des citoyens vis-à-vis de la fiscalité. D’après les enquêtes Afrobarometer de 2022 citées dans son rapport, 56 % des Marocains interrogés déclarent préférer une baisse des impôts, même si cela implique une réduction de l’offre de services publics. À l’inverse, environ 36 % se disent favorables à une fiscalité plus élevée en échange de services publics renforcés.

La BAD souligne que ces résultats traduisent une perception des citoyens et ne permettent pas, à eux seuls, d’évaluer le niveau réel de la pression fiscale ou la qualité des prestations publiques.

La mise en exergue de l’importance du contrat fiscal et social

Pour l’institution, ces données mettent en évidence l’importance du « contrat fiscal et social » entre les États et les contribuables. Elle estime qu’une simplification des procédures fiscales, une meilleure efficacité administrative, une amélioration des services publics ainsi qu’un renforcement de la transparence pourraient favoriser la confiance des citoyens et accroître durablement les recettes publiques.

À l’échelle africaine, la BAD identifie plusieurs obstacles à la mobilisation des ressources internes, notamment la faiblesse de la conformité fiscale, la complexité des systèmes administratifs, l’étroitesse des bases imposables, les exonérations mal ciblées, les limites des capacités numériques et institutionnelles, les flux financiers illicites et le manque de confiance envers les administrations.

Selon ses estimations, les cinq principales catégories d’impôts n’ont représenté en moyenne que 12,8 % du PIB africain entre 2010 et 2023, un niveau inférieur à celui d’autres régions du monde. L’Europe et l’Asie centrale affichent un taux proche de 24 %, contre 19 % pour l’Amérique latine et les Caraïbes et 18 % pour l’Asie de l’Est et le Pacifique. (Eco-TransContinentsAfrica)

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