Terres rares : l’Afrique représentera 7 à 9% de l'offre mondiale d’ici 2034

MONTÉE. C’est Fitch Solutions qui l’indique dans un rapport. Et au-delà de ce niveau exceptionnel, l’Afrique pourrait représenter 16% de l'offre mondiale hors Chine.

Terres rares : l’Afrique représentera 7 à 9% de l'offre mondiale d’ici 2034

Face au risque de fournisseur unique actuellement craint du fait de l’hégémonie chinoise en matière de terres rares, l’Afrique pourrait être une soupape sinon de sûreté du moins de respiration. Le continent pourrait en effet fournir 9 % de la demande mondiale d'ici 2029, diversifiant les flux commerciaux. 

Pourquoi ce pourcentage illustre un changement de la donne de l’offre de terres rares

De prime abord, ces chiffres de 7 à 9 % peuvent paraître bien modestes au regard de la part de la Chine pourtant ils illustrent un basculement historique. L’explication réside dans le fait qu’en 2024, l'Afrique en était tout simplement à zéro tonne de production de terres rares industrielles. Représenter 7 à 9 % de l’offre mondiale à travers plusieurs milliers de tonnes de production dans la période 2029-2034 constitue un vrai basculement. 

Le début de la fin d’une anomalie ? 

On peut s’interroger sur ce fait car l'Afrique détient plus de 30 000 milliards de dollars de réserves de terres rares nécessaires à la fabrication de batteries et d'autres équipements indispensables à une transition énergétique entièrement verte. Par ailleurs, le continent possède environ 48% des réserves mondiales de manganèse, 22% des réserves de graphite naturel, 55% des gisements mondiaux de cobalt dont 70% de la production mondiale assurée par la seule RDC. 

C’est dire combien la situation actuelle est paradoxale d’autant que depuis l'arrêt de la production à la mine burundaise Gakara en juin 2021, l'Afrique ne dispose plus d'aucune mine industrielle de terres rares en activité. Pour concrétiser ce début de basculement décrit plus haut, des projets sont dans une trajectoire pour être mis en service. De quoi sortir de ce cette situation courante qui fait que l’Afrique possède les ressources que le monde veut, et ne les transforme pas encore elle-même.

Ces projets qui pourraient faire la différence

Plusieurs projets méritent de l’attention qui devraient permettre à l’Afrique d’occuper une place plus conforme à ses ressources.

Il y a celui au Malawi qui est mené par la compagnie minière australienne Lindian Resources. Celle-ci vient de confirmer la mise en service prévue de sa mine de terres rares Kangankunde au quatrième trimestre 2026. Si ce calendrier est respecté, le projet pourrait devenir la première mine industrielle de terres rares lancée en Afrique depuis Gakara au Burundi en 2017. 

Le projet Kangankunde est appelé à produire 8,3 kt par an d'oxydes, dont 1,6 kt de néodyme et de praséodyme — les deux éléments les plus stratégiques pour les aimants permanents des moteurs électriques et des éoliennes. 

S’en suit le projet Longonjo, en Angola, développé par la société britannique Pensana. Situé le long du corridor ferroviaire de Lobito, il est soutenu financièrement par la US Development Finance Corporation qui prévoit une production de 20 kt par an de carbonates mixtes de terres rares.

Troisième projet : Ngualla en Tanzanie. Il est considéré comme l’un des plus prometteurs du continent. Pour le développer, la société Peak Rare Earths. Il devrait générer 16,2 kt par an de concentrés de terres rares à haute teneur, dont 3,6 kt de néodyme et de praséodyme, sur une durée de vie de 24 ans. Pour ce faire, la Chine a déjà pris position en 2025, le signe que Pékin n’entend pas laisser les Occidentaux seuls maîtriser l'approvisionnement africain.

Le 4e portefeuille de projets se trouve en Afrique du Sud avec notamment trois sites en développement : Steenkampskraal, Glenover et Phalaborwa. Ensemble, ils vont totaliser 12,4 kt de production annuelle d'ici 2034, faisant de l'Afrique du Sud le premier producteur africain et le septième mondial.

Enfin, il y a le projet Makuutu en Ouganda. Entre les mains de l’entreprise Ionic Rare Earths, il est basé sur des gisements d'argile à adsorption ionique comparables à ceux du sud de la Chine, ce qui en fait une source majeure de terres rares lourdes, les plus rares et les plus précieuses. (Eco-TransContinentsAfrica)

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