Zimbabwe : 67 exploitations agricoles restituées à des Européens

RETOUR. C’est la couverture mise en oeuvre au travers de traités d’investissement que ces exploitations saisies en 2000 vont être rendues.

Zimbabwe :  67 exploitations agricoles restituées à des Européens

C’est un tournant autant pour le Zimbabwe que pour les ressortissants du Danemark, de la Suisse, de l'Allemagne et des Pays-Bas qui vont se voir restituer les 67 exploitations agricoles qui avaient été saisies au début des années 2000. Le fait déterminant qui explique cette nouvelle donne réside, selon le ministre zimbabwéen de l’Agriculture, Anxious Masuka, dans les accords bilatéraux d'investissement le Zimbabwe cherchant à rétablir ses relations avec les pays occidentaux tout en luttant pour obtenir un allégement de sa dette.

Comment en est-on arrivé là ? 

Pour rappel, le Zimbabwe a commencé à saisir des exploitations agricoles appartenant à des Blancs sous la direction de son défunt dirigeant Robert Mugabe en 2000 et ce, dans le cadre d'une mesure que le gouvernement avait alors présentée comme visant à réinstaller des Noirs sans terre et à corriger les déséquilibres en matière de propriété foncière hérités de l'époque coloniale.

Ces saisies ont ruiné l'agriculture commerciale, précipité l'effondrement de la monnaie en 2008 et laissé le Zimbabwe dans l'incapacité de se nourrir.

Changement de cap avec le successeur de Robert Mugabe

Le président Emmerson Mnangagwa, successeur de Mugabe, s'est efforcé d'améliorer les relations avec les gouvernements occidentaux, qui avaient imposé des sanctions au Zimbabwe en raison des saisies de terres et d'allégations de violations plus larges des droits de l'homme.

La campagne de restitution des terres s'inscrit dans le cadre des efforts déployés par le pays pour obtenir un allégement de sa dette, après avoir été exclu du système financier mondial pendant plus de deux décennies en raison de son incapacité à rembourser ses dettes envers des prêteurs internationaux.

Le règlement de la dette au coeur du processus

En septembre 2025, sa dette extérieure s'élevait à 13,6 milliards de dollars, dont 7,7 milliards en arriérés. Les prêteurs internationaux ont exigé des réformes, notamment la résolution des litiges fonciers, comme conditions à l'allégement de la dette.

Les pays européens font partie du groupe de pays occidentaux qui négocient l'allègement de la dette avec le Zimbabwe et sont également d'importants donateurs pour ce pays.

Mnangagwa, allié de longue date de Mugabe qu'il a remplacé lors d'un coup d'État en 2017, a conclu en 2020 un accord d'indemnisation de 3,5 milliards de dollars avec environ 4 000 agriculteurs blancs, mais son gouvernement, à court de liquidités, a eu du mal à effectuer des paiements significatifs.

Le Fonds monétaire international a approuvé un programme de 10 mois suivi par ses experts pour le Zimbabwe, alors que le pays s'efforce d'établir un historique de réformes économiques. Ce programme ne prévoit pas de financement. (Eco-TransContinentsAfrica)

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