BAD : le Mauritanien Sidi Ould Tah succède à Akinwumi Adesina à la présidence

MOMENT. C’est à l’issue du 3e tour que la différence s’est faite nettement avec avec 76,18 % des voix totales et 72,37 % des voix régionales.

BAD : le Mauritanien Sidi Ould Tah succède à Akinwumi Adesina à la présidence

Les Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) de cette fin de mois de mai sont parties pour être historiques. Parce qu’elles interviennent à un moment clef de l’évolution de l’institution panafricaine qui a besoin d’un vrai second souffle en termes de créativité dans les solutions à apporter aux défis de l’Afrique. Egalement, parce que l’arrivée de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis rebat de manière profonde les cartes de la géopolitique et de la géo-économie mondiale

Pour les membres régionaux qui ont voté à 72,37 % pour Sidi Ould Tah comme pour les membres non-régionaux qui lui ont permis de porter son score à 76,18 des voix totales, le Dr Sidi Ould Tah était incontestablement l’homme de la situation.

Comment s’est déroulé le vote ? 

Le Mauritanien Sidi Ould Tah a donc été élu ce jeudi neuvième président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) à l’issue du troisième tour d’un scrutin décisif. Il succède au Nigérian Akinwumi Adesina qui achève deux mandats consécutifs. 

L’élection s’est déroulée en trois tours.

Au 1er tour, le Zambien Samuel Munzele Maimbo a fait la course en tête suivi du Mauritanien Sidi Ould Tah. 
Au 1er tour, le Zambien Samuel Munzele Maimbo a fait la course en tête suivi du Mauritanien Sidi Ould Tah. 

Ancien ministre mauritanien et directeur général de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), Sidi Ould Tah a su construire un consensus progressif face à ses concurrents : d'abord, le Sénégalais Amadou Hott, ancien vice-président de la BAD qui n'a recueilli que 3,55 % des votes, ensuite, le  Zambien Samuel Munzele Maimbo, ex-cadre de la Banque mondiale à qui sont revenus 20,26 % des votes, l'ex-gouverneur tchadien de la Banque des Etats d'Afrique centrale (BEAC), Mahamat Abbas Tolli, éliminé dès le premier tour, enfin, la Sud-Africaine Bajabulile Swazi Tshabalala, actuelle vice-présidente par intérim de la BAD, sortie au second tour.

Au 2e tour alors que le Tchadien Mahamat Abbas Tolli a été éliminé au 1er tour, le Mauritanien Sidi Ould Tah est passé devant. 
Au 2e tour alors que le Tchadien Mahamat Abbas Tolli a été éliminé au 1er tour, le Mauritanien Sidi Ould Tah est passé devant. 

A la manœuvre, il y avait le Conseil des gouverneurs de la Banque. Il est composé des ministres des Finances et de l’Économie ou des gouverneurs de banques centrales des 81 pays membres, régionaux et non-régionaux. Pour information, le Conseil est l’organe décisionnel suprême du Groupe de la Banque.

Au 3e tour, alors que la Sud-Africaine Bajabulile Swazi Tshabalala a été sortie au tour précédent, le Mauritanien Sid Ould Tah s'est définitivement détaché pour gagner devant le Zambien Samuel Munzele Maimbo et le Sénégalais Amadou Hott. 
Au 3e tour, alors que la Sud-Africaine Bajabulile Swazi Tshabalala a été sortie au tour précédent, le Mauritanien Sid Ould Tah s'est définitivement détaché pour gagner devant le Zambien Samuel Munzele Maimbo et le Sénégalais Amadou Hott. 

Le Dr Sidi Ould Tah prendra ses fonctions le 1er septembre 2025 pour un mandat de cinq ans. Ce jour marquera la fin effective du deuxième mandat de l’actuel président, le Nigérian Akinwumi Adesina mais aussi le début d'une nouvelle ère.

Une élection à un moment crucial

Il faut dire que ce vote est intervenu à un moment charnière pour l’avenir économique du continent.

Explication : la BAD, principal bailleur de fonds multilatéral africain, est fortement attendue sur plusieurs fronts : l'accélération de la transition énergétique, le financement massif des infrastructures et le soutien à l’adaptation climatique. Le président élu devra redéfinir la trajectoire stratégique de l’institution pour répondre à ces enjeux dans un contexte d’instabilité financière mondiale.

Après deux mandats de cinq ans, le Nigérian Dr Akinwumi Adesina laisse la place au Mauritanien le Dr Sidi Ould Tah. 
Après deux mandats de cinq ans, le Nigérian Dr Akinwumi Adesina laisse la place au Mauritanien le Dr Sidi Ould Tah. 

Premier Mauritanien à prendre la tête de la BAD, Sidi Ould Tah hérite d’une institution en quête de renouvellement stratégique dans un environnement mondial de plus en plus compétitif. Son élection marque un tournant crucial pour l’institution financière, attendue sur plusieurs dossiers dont la transition énergétique, les infrastructures et le climat ne sont pas les moindres. Mais aussi surtout sur sa capacité à trouver la formule qui permettra de mobiliser les immenses ressources financières informelles du Continent et celles de nouveaux partenaires. 

Il va s’agir de s’inscrire dans l’orbite d’initiatives économiques endogènes et inclusives pour, à la fois, multiplier les connexions inter africaines dans une dynamique de chaînes de valeur et  renforcer l’indépendance et la souveraineté de l’Afrique sur ses choix géo-économiques, stratégiques et financiers.

Après son élection à la présidence de la Banque africaine de développement, le Dr Sidi Ould Tah s'est adressé aux participants des Assemblées annuelles de l'institution financière panafricaine.

Pour l’Afrique, l’heure est venue qu’un nouveau soleil se lève. (Eco-TransContinentsAfrica) 

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