5,6 % de croissance : le Tchad près de la pole position en Afrique centrale

PERFORMANCE. L’estimation faite par la Banque mondiale sur des données 2025 hors pétrole s’explique par la bonne tenue de l’agriculture, des services et des activités minières.

5,6 % de croissance : le Tchad près de la pole position en Afrique centrale

Voilà qui positionne favorablement le Tchad sur le plan économique dont le taux de croissance de 5,6 % dépasse largement la moyenne de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cémac) située à 2,8 %, de celle de l’Afrique subsaharienne à 4,1 % et de celle de l’économie mondiale à 3,3 %.

Les fondements d’une performance

Avec un taux de croissance de 5,6% en 2025, la reprise économique au Tchad s’est appuyée sur un essor inédit des secteurs non pétroliers depuis une décennie, tout en bénéficiant d’un regain de la production pétrolière. En termes de richesse par habitant, la croissance s’est établie à 2,1 %.

L’agriculture demeure le principal moteur de l’économie, avec une progression de 4,9 %, soutenue par une hausse de 9,9 % de la production céréalière. Les services ont crû de 5 %, tandis que le secteur pétrolier a progressé de 6,6 %. L’industrie non pétrolière a également bénéficié de la montée en puissance des activités minières et des chantiers de construction.

Du côté de la demande, la consommation des ménages est restée le principal facteur de croissance, devant les exportations nettes, stimulées par les ventes d’or, d’antimoine et de produits agricoles. Les investissements publics ont également contribué à l’activité grâce à la poursuite de plusieurs projets d’infrastructures.

Le contexte : une inflation en baisse et la pauvreté en recul

Après avoir atteint 5,7 % en 2024, l’inflation moyenne annuelle est retombée à -2,6 % en 2025, favorisée par la baisse des prix des produits alimentaires, une meilleure production agricole et la diminution des coûts de transport.

Cette désinflation a contribué à réduire le taux de pauvreté, qui est passé de 42,5 % à 40,7 % de la population vivant sous le seuil de 3 dollars par jour en parité de pouvoir d’achat (PPA 2021).

Malgré ces progrès, les défis sociaux restent importants. Le Programme alimentaire mondial estimait à 1,9 million le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire en 2025. Le chômage des jeunes demeure également préoccupant, avec près de 37 % des 18 à 35 ans sans emploi et en recherche active. La Banque mondiale estime que le développement du secteur minier pourrait favoriser la création d’emplois.

Un système bancaire sous pression

Du côté de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), elle a poursuivi une politique monétaire prudente en relevant son principal taux directeur à 4,75 % en décembre 2025 afin de préserver la stabilité macroéconomique.

Toutefois, le financement de l’économie reste limité. Le crédit intérieur est tombé à 8,5 % du PIB, contre 9,1 % un an plus tôt, tandis que les taux d’intérêt moyens ont atteint 11,4 %.

Le secteur bancaire demeure fragile. Seules cinq banques sur dix respectaient l’ensemble des normes prudentielles en 2025, alors que les créances douteuses représentaient 42,8 % des prêts, contre 35,2 % en 2024. Les autorités poursuivent plusieurs réformes, notamment la restructuration de la CBT et de la BCC, la privatisation progressive des banques publiques et la création d’une société nationale de recouvrement des créances.

Des finances publiques mieux orientées

Les finances publiques se sont améliorées en 2025. Le déficit budgétaire s’est réduit à 1,7 % du PIB, contre 2,1 % en 2024, grâce à une progression de 23,7 % des recettes non pétrolières, soutenue par la facturation électronique, la modernisation de la TVA et le renforcement de l’administration fiscale.

Les recettes publiques ont atteint 17,8 % du PIB, tandis que les dépenses se sont établies à 19,4 %, portées par un taux d’exécution des investissements publics de 97,9 %, contre 68,6 % l’année précédente.

La dette publique a poursuivi son recul, passant de 32,7 % à 30,2 % du PIB, même si la Banque mondiale souligne que les finances du pays restent sensibles aux fluctuations des cours du pétrole et aux conditions de financement extérieur.

Un déficit courant malgré des exportations dynamiques

Les exportations de biens et services ont progressé à 35,3 % du PIB, grâce notamment aux ventes d’or et d’antimoine, tandis que les importations sont restées relativement stables.

En revanche, le compte courant est redevenu déficitaire, passant d’un excédent de 1,4 % du PIB en 2024 à un déficit de 1,3 % en 2025, sous l’

En effet de l’augmentation des sorties de revenus liées aux dividendes, aux bénéfices pétroliers et aux paiements d’intérêts.

Des perspectives favorables jusqu’en 2028

Pour la période 2026-2028, la Banque mondiale prévoit une croissance supérieure à 5 %, avec 5,2 % en 2026 et environ 5,3 % en 2027 et 2028. Cette dynamique devrait continuer d’être portée par les activités non pétrolières, avant un renforcement attendu de la production pétrolière avec les projets de Perenco et CNPC.

Par ailleurs, l’institution anticipe également une poursuite de la réduction du déficit budgétaire, une inflation maîtrisée autour de 2,7 % et une baisse graduelle de la pauvreté. Elle souligne toutefois que ces perspectives restent tributaires de plusieurs facteurs de risque, notamment la volatilité des prix du pétrole, les aléas climatiques, les contraintes sécuritaires et l’évolution de l’environnement économique international. (Eco-TransContinentsAfrica)

PUBLICITÉ
Espace Publicitaire
336×280