Nimba Mining Company, société publique guinéenne créée en 2025, et le négociant suisse Glencore ont signé le 7 septembre à Paris un contrat d'offtake d'envergure. Plus de 300 millions de dollars de préfinancement, et la commercialisation de 10 à 12 millions de tonnes de minerai par an, durant cinq ans.
Sur la durée totale du contrat, ce sont entre 50 et 60 millions de tonnes de bauxite qui devraient ainsi trouver preneur, soit près d'un million de tonnes chaque mois. Un volume qui donne la mesure de l'ambition guinéenne dans ce secteur.
Une chaîne intégrée mine-rail-port
NMC opère la mine de Tinguilinta et les installations portuaires de Kamsar, reliées par une logistique ferroviaire intégrée. C'est cette continuité opérationnelle, de l'extraction jusqu'à l'embarquement, qui a permis à l'entreprise de gagner en crédibilité face aux majors du négoce.
Les chiffres du premier semestre 2026 en témoignent : après seulement dix mois d'activité, NMC affichait plus de 4 millions de tonnes exportées. L'entreprise employait alors 381 salariés directs, dont 98 % de Guinéens, auxquels s'ajoutaient près de 2 000 travailleurs permanents chez ses sous-traitants. Une main-d'œuvre largement nationale, signe que Conakry entend que la Teranga minière profite d'abord aux siens.
Sécuriser les revenus, préparer la transformation locale
Pour NMC, l'accord offre surtout une visibilité inédite sur ses volumes de vente et ses flux financiers, à un moment où la société poursuit sa montée en puissance industrielle.
Cette sécurisation commerciale s'inscrit dans une stratégie plus large des autorités guinéennes : accroître la transformation locale du minerai. Trois raffineries d'alumine sont actuellement en construction dans le pays, avec l'ambition de traiter progressivement sur place une partie de la bauxite extraite, plutôt que de l'exporter brute.
Djiba Diakité, président du Comité stratégique de Simandou, a d'ailleurs replacé cet accord dans le cadre du programme Simandou 2040, la feuille de route guinéenne pour transformer la rente minière en développement structurel. Le ministre des Mines, Bouna Sylla, y voit quant à lui un signal de confiance envers la Guinée.
Glencore, un accès pérenne à une bauxite de qualité
Pour le groupe suisse, l'intérêt est tout aussi clair : s'assurer un approvisionnement de long terme en bauxite guinéenne, ressource qui vient compléter ses activités dans l'alumine et l'aluminium à l'échelle mondiale.
Cet accord confirme, s'il en était besoin, la place centrale qu'occupe désormais la Guinée dans les chaînes d'approvisionnement mondiales de la bauxite. Entre le fer de Simandou et l'aluminium de Boké et Kamsar, le pays affine une stratégie où chaque contrat de négoce sert aussi de levier pour une industrialisation encore à construire. (Eco-TransContinentsAfrica)
