Afrique-États-Unis : nouveau rebondissement pour l'AGOA

PLUS. C’est une prolongation jusqu’en décembre 2028 que le Sénat américain vient d’accorder pour cette loi dont le but est de soutenir l’économie des pays africains en leur facilitant l'accès au marché américain

Afrique-États-Unis : nouveau rebondissement pour l'AGOA

Le vote large de 90 voix pour et 6 contre effectué au Sénat américain, en attendant le passage du texte devant la Chambre des représentants avant promulgation par Trump, est une avancée encourageante pour les pays africains qui ont compté et comptent encore sur l'African Growth and Opportunity Act (AGOA, en français  Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique, pour se voir ouvrir le marché américain. Le chaos qui a récemment prévalu autour de cette loi en est une illustration. 

La séquence chaotique qui a inquiété l’Afrique

Voté en 2000, l’AGOA original avait expiré le 30 septembre 2025. Après un vote de la Chambre pour trois ans le 12 janvier 2026, le Sénat a réduit la prolongation à un an seulement, dans l'esprit voulu par Trump, et Trump a signé la loi le 3 février 2026, avec effet rétroactif au 30 septembre 2025 et une expiration au 31 décembre 2026. Sept mois plus tard, nous voilà avec une nouvelle tentative de prolongation plus longue (2028), portée par le Sénat.

Attention à une AGOA vidée de sa substance

Selon Donald MacKay (XA Global Trade Advisors), la relance de l'AGOA avait peu de sens dans la mesure où ses avantages étaient neutralisés par d'autres mesures. Ainsi des  droits de douane IEEPA et ceux imposés sur l'automobile, l'acier et l'aluminium au titre de l'article 232. Autrement dit, on prolonge un cadre préférentiel tout en maintenant des surtaxes qui l'annulent en pratique pour plusieurs filières.

Autre donnée qu’il convient de prendre en compte : seules 6 % des exportations africaines partent vers les États-Unis, un montant de quelques dizaines de milliards de dollars somme toute modeste comparé aux importations totales américaines qui se comptent en trillions. 

Quels sont les pays et filières de l’Afrique qui sont concernés

Pour rappel, l'AGOA s'applique à 32 pays africains, majoritairement subsahariens, avec des filières comme l'automobile sud-africaine, la vanille malgache, ou le textile kényan et lesothan. 

Sur le plan diplomatique, le président de la Commission de l'Union africaine (UA),  Mahmoud Ali Youssouf, avait salué en janvier l'engagement américain à “renforcer le commerce, les investissements et la prospérité partagée", une déclaration qui, confrontée aux réalités tarifaires évoquées plus haut, met en exergue l’écart souvent observé entre ce qui est attendu dans les discours et la réalité sur le terrain. 

A propos de la RDC qui a multiplié les discussions et ouvert de nombreuses possibilités d’investissement aux États-Unis, alors que le pays se prépare à accueillir le prochain Forum AGOA à Kinshasa, le ministre du Commerce extérieur Julien Paluku Kahongya avait salué le renouvellement de février comme un "signal fort" pour la diversification économique. Un signe que, même si le robinet de l’AGOA a un faible débit, il vaut mieux ça qu’une suspension totale. (Eco-TransContinentsAfrica)

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