RDC : Visa mise sur Fally Ipupa contre le cash

OFFENSIVE. Visa Pay a enrôlé la superstar congolaise pour accélérer l'adoption des paiements numériques en RDC, reprenant une méthode déjà testée sur d'autres marchés africains, de l'Égypte au Kenya.

RDC : Visa mise sur Fally Ipupa contre le cash

C’est la stratégie rôdée de l’ambassadeur-catalyseur que le groupe américain Visa a décidé d’appliquer en RDC. Il vient en effet de nommer Fally Ipupa ambassadeur officiel de Visa Pay en République démocratique du Congo. L'artiste congolais, l'un des plus influents de sa génération, accompagnera le déploiement de cette solution de paiement mobile lancée à Kinshasa en septembre 2025.

La bataille contre le cash est bien lancée à Kinshasa

L'enjeu dépasse la seule communication. Visa Pay s'inscrit dans la vision d'une économie moins dépendante du cash portée par la Banque centrale du Congo à l'horizon 2027. La solution est déjà accessible via Access Bank, Sofibanque, Solidaire Banque, UBA et, par l'application Pepele, Trust Merchant Bank.

Concrètement, l'utilisateur ouvre un compte, obtient une carte Visa numérique gratuite, règle ses achats en ligne, transfère de l'argent à partir d'un simple numéro de téléphone et, sur smartphone compatible, paie sans contact grâce à la technologie Tap to Pay.

Une méthode déjà éprouvée sur le continent

Le choix d'une célébrité locale pour porter l'adoption des paiements numériques n'est pas une première pour Visa en Afrique. En mars 2024, le groupe avait fait du footballeur égyptien Mohamed Salah son ambassadeur pour six marchés à la fois : l'Égypte, le Kenya, le Nigeria, l'Afrique du Sud, ainsi que les Émirats arabes unis et le Koweït. Visa avait alors présenté cette collaboration comme le reflet de son engagement à permettre à chacun de réaliser ses aspirations, une rhétorique très proche de celle employée aujourd'hui pour Fally Ipupa.

Le procédé se distingue par sa logique régionale : un même visage peut couvrir plusieurs pays lorsque son rayonnement culturel le permet, comme dans le cas de Salah pour l'Afrique du Nord et de l'Est anglophone. Pour l'Afrique centrale francophone, où Fally Ipupa jouit d'une aura comparable de la RDC à la diaspora, la logique est identique mais le territoire d'ambassadeur reste, pour l'instant, circonscrit à son pays d'origine.

Sophie Kafuti, directrice générale de Visa RDC, a insisté sur cette dimension culturelle en affirmant que l'influence de l'artiste dépasse largement le cadre musical et touche des publics dans toute l'Afrique et au sein de la diaspora. Une manière, pour Visa, de faire porter par la notoriété ce que la seule pédagogie bancaire peine parfois à transmettre : la confiance dans le geste numérique.

Un marché continental encore ouvert

Le déploiement congolais s'ajoute à une expansion plus large de Visa Pay sur le continent. Le groupe a élargi en 2026 l'accès à son kit logiciel Visa Pay à plusieurs marchés supplémentaires : Ghana, Soudan, Comores, Maurice, Zambie, Zimbabwe, Botswana, Tanzanie et Sierra Leone. Il a présenté cette liste comme un point de départ appelé à s'étoffer plutôt qu'un périmètre définitif.

Reste que l'essentiel du travail dépasse la seule notoriété d'un visage. Le succès de Visa Pay en RDC dépendra de la densité du réseau bancaire partenaire, de la confiance dans la sécurité des transactions et de la capacité du secteur informel, encore largement dominant dans les échanges du quotidien, à basculer vers le numérique. Fally Ipupa peut ouvrir la porte mais c'est l'écosystème financier congolais, banques, fintechs et régulateur réunis, qui devra en faire une habitude durable, à l'image de ce qui se joue déjà dans une dizaine d'autres marchés africains où Visa avance ses pions, un ambassadeur après l'autre. (Eco-TransContientsAfrica)

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