Baisse des IDE au Sénégal : ce que l’APIX avance comme explication

POINT. Passés de 3,319 milliards de dollars en 2024 à 37 millions en 2025, les investissements directs étrangers ont enregistré une chute vertigineuse qui en a inquiété plus d’un quant à l’attractivité du pays.

Baisse des IDE au Sénégal : ce que l’APIX avance comme explication

Autant politiquement que économiquement, le Sénégal est à la croisée des chemins. La chute du montant des investissements directs étrangers en est une remarquable illustration que d’aucuns ont considéré comme un sujet légitime d’inquiétude. Aussi l’Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux (APIX-SA) est-elle montée au créneau pour partager sa lecture de la situation et en profiter pour rassurer autant les partenaires du Sénégal que les acteurs économiques 

Pas de désengagement mais une période de transition

C’est à travers un communiqué publié lundi dernier que l’agence explique le recul des flux d’IDE, évalués à 37 millions de dollars en 2025, après un niveau exceptionnel de 3,319 milliards de dollars en 2024. Pour l’APIX, celui-ci s’inscrit dans la dynamique classique des industries extractives. Concrètement, après la phase intensive de mobilisation des capitaux nécessaires au développement des projets pétroliers et gaziers de Sangomar et de Grand Tortue Ahmeyim (GTA) vient la phase de production.

Pour l’APIX, cette situation ne correspond pas à un désengagement des investisseurs, mais à une transition vers une nouvelle étape de développement économique. “Le Sénégal passe d’un régime de réception massive de capitaux à un régime de production de revenus”, souligne l’agence, rappelant que les investissements réalisés dans les années précédentes commencent désormais à générer des retombées économiques.

Les axes de réalité à retenir

L’APIX insiste sur le fait que le Sénégal ne connaît pas de crise d’attractivité, mais traverse une phase de transition économique liée à la maturité de ses grands projets extractifs. “Les fondamentaux restent solides”, affirme l’agence, qui appelle les acteurs publics et privés à privilégier des analyses basées sur des données vérifiables et contextualisées.

Pour l’institution, la consolidation du climat des affaires, la diversification des investissements et la mise en œuvre des grands projets d’infrastructures devraient permettre au Sénégal de maintenir son attractivité auprès des investisseurs internationaux au cours des prochaines années. 

Des indicateurs à suivre pour comprendre 

L’agence met en avant plusieurs indicateurs pour illustrer la solidité des fondamentaux économiques du pays. Le stock d’IDE a ainsi progressé, passant de 20,6 milliards à 25 milliards de dollars, tandis que le déficit commercial a été ramené de 12,2 % à 3,7 % du PIB en un an. Les exportations sénégalaises ont également atteint environ 2,56 milliards de dollars en 2025, selon les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD).

Afin de consolider son positionnement comme destination d’investissement, le Sénégal poursuit la modernisation de son cadre réglementaire. Le nouveau Code des investissements, adopté en 2025, constitue l’un des piliers de cette stratégie. Il réduit notamment le seuil d’accès aux avantages liés à l’investissement de 100 millions à 15 millions de FCFA, prévoit une instruction accélérée des dossiers en moins de dix jours ouvrables et renforce la sécurité juridique et fiscale des investisseurs.

Des signes pour garder de l’optimisme

L’APIX cite également le succès du forum Invest in Sénégal 2025, présenté comme un signal fort de confiance internationale. L’événement avait réuni 11 772 participants venus de 70 pays, enregistré 23,5 milliards de dollars d’intentions d’investissement et abouti à la signature de 51 projets et conventions actuellement en phase de structuration.

Selon l’agence, les perspectives restent favorables avec un portefeuille de projets structurants susceptible de générer plus de 15 milliards de dollars d’investissements étrangers entre 2026 et 2030.

Parmi les projets annoncés figurent notamment le développement gazier Yakaar-Teranga, évalué à environ 7,5 milliards de dollars, le corridor ferroviaire Dakar-Kidira-Bamako, estimé à 2,6 milliards de dollars, ainsi que le projet de Grand Transfert d’Eau, dont le potentiel avoisine 8 milliards de dollars.

Des mesures d’assainissement à prendre en considération

L’APIX rappelle également les réformes institutionnelles et financières engagées par les autorités depuis 2024, notamment l’audit des finances publiques et la mise en œuvre du Programme de Redressement Économique du Sénégal (PRES), inscrit dans la vision Sénégal 2050 portée par le président Bassirou Diomaye Faye.

Ces mesures ont permis, selon l’agence, de renforcer la crédibilité financière du pays, avec une réduction du déficit budgétaire passé de 13,4 % à 6,4 % du PIB en un an, l’objectif affiché étant d’atteindre 3 % en 2027. (Eco-TransContinentsAfrica)

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