C’est un moment exceptionnel pour Dangote et son initiative qui l’a conduit à investir dans sa raffinerie. Une fois achevée l'introduction en bourse primaire prévue à la Bourse du Nigeria (NGX) en octobre, le groupe contrôlé par Aliko Dangote va signaler sa forte intention d'amener ensuite sa raffinerie au marché de Johannesburg.
Les chiffres clés concernant Dangote
L’introduction à la Bourse du Nigeria s’est faite autour d’environ 5 milliards de dollars, avec un dépôt préliminaire déjà soumis au régulateur nigérian, visant une cotation en octobre.
Pour rappel, la construction de la raffinerie a coûté environ 20 milliards de dollars pour une capacité de 650 000 barils/jour, la plus grande d'Afrique, avec une participation d'un peu plus de 7% de la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC), la Société nationale nigériane du pétrole qui gère toute l'industrie du pétrole et du gaz pour le compte de l'État du Nigeria.
Dans quel contexte évolue la JSE au moment des discussions avec Dangote ?
Valdene Reddy, nouvelle CEO de la JSE, a indiqué que la raffinerie Dangote fait partie d'un pipeline solide de cotations potentielles attendues pour le second semestre. Ce pipe line couvre les secteurs minier, fintech, immobilier et construction.
Il y a cependant lieu de retenir cette nuance qu’elle a introduite : si le continent offre des opportunités de croissance à long terme convaincantes, la plupart des bourses africaines manquent encore de la liquidité et des volumes d'échange nécessaires pour rivaliser avec l'échelle de Johannesburg, la JSE enregistrant entre 1,5 et 2 milliards de dollars de volume quotidien moyen, contre seulement 10 à 20 millions de dollars par jour pour le marché nigérian.
Bourse du Nigeria, Bourse de Johannesburg, pas forcément une double cotation directe
En effet, plusieurs bourses explorent plutôt des certificats de dépôt (depositary receipts) ou des instruments cotés adossés aux actions cotées au Nigeria. Ceci permettra aux investisseurs d'Afrique du Sud, du Kenya, du Ghana, d'Éthiopie et des marchés de l'UEMOA d'obtenir une exposition à la raffinerie sans transfert du titre sous-jacent depuis Lagos.
Il s’agit-là d’une architecture régionale qui a été discutée le 1er avril à Lagos, où la Bourse du Nigeria a réuni des dirigeants des bourses de Johannesburg, Nairobi, Accra, Addis-Abeba ainsi que la BRVM sous l'égide de l'Association des Bourses Africaines (ASEA). Objectif résumé par les déclarations du directeur général de la Bourse de Nairobi, Frank Mwiti : structurer une cotation panafricaine. (Eco-TransContinentsAfrica)
