C’est une bouffée d’oxygène de la part de la Banque africaine de développement que le gouvernement du premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo entend mettre à profit pour assainir les finances publiques du pays.
Les objectifs principaux visés par les réformes
Pour le gouvernement, trois objectifs principaux se dégagent : d’abord, accroître la mobilisation des ressources intérieures, ensuite, mettre en œuvre des réformes structurelles, enfin, renforcer la transparence des finances publiques. Au-delà, ce financement doit accompagner la mise en œuvre des réformes structurelles rendues nécessaires par les conclusions de l'audit de la Cour des comptes sur la situation des finances publiques couvrant la gestion de 2019 au 31 mars 2024.
Un financement dans un contexte d’urgence
Ce financement est d’autant plus bienvenu qu’il intervient à un moment où le Sénégal doit faire face à au moins deux fronts :
- celui de la crise de la dette. Celle-ci inquiète les investisseurs internationaux, depuis la révélation en 2024 de dettes publiques jusqu'alors non déclarées, dépassant au total 13 milliards de dollars à l’issue de l'audit de la Cour des comptes. Le fait que la dette représente 118 % du PIB apparaît comme un motif de défiance supplémentaire à l’endroit du pays qui a besoin de procéder à des restructurations tous azimuts.
- celui de la pression fiscale dont le taux pour le Sénégal est proche de 18% du PIB et situe le pays parmi ceux qui ont les taux les plus élevés de l'UemoaE. Pour rappel, la moyenne s'établissait à 14,9% en 2025 selon la BCEAO.
Pour positive que soit la nouvelle de ce financement, certains observateurs pointent du doigt le flou sur la nature du financement évoquant que, d’abord, la BAD ne précise pas s'il s'agit d'un prêt ou d'un don, ensuite, que le calendrier de décaissement ni les modalités détaillées de mise en œuvre n'ont pas été communiqués.
À cela, s’ajoutent les incertitudes sur les discussions en parallèle avec le FMI autour de la mise en place ou pas d'un nouveau programme de financement, après que la précédente facilité de crédit ait été suspendue. De quoi se poser la question de savoir si ce financement de la BAD arrive en amont ou en parallèle d'un possible retour avec le programme du Fonds monétaire international (FMI). (Eco-TransContinentsAfrica)
