Le taux de croissance de 4,1 % que le Fonds monétaire international attend de l’Afrique subsaharienne pour 2025. Cela illustre que, malgré les interrogations et doutes inhérents aux bouleversements géopolitiques et géo-économiques observés ici et là depuis l’arrivée de Donalfd Trump à la Maison blanche, le continent a encore des ressources insoupçonnés qui lui permettent d’être plus résilient encore qu’on ne pouvait l’imaginer. L’institution de Bretton Woods n’en assure pas moins, dans sa dernière édition des Perspectives économiques régionales, qu’un effort devra être fait sur le front de la gestion mais aussi de la mobilisation des ressources internes.
La dette à surveiller
Le rapport, intitulé “Tenir bon”, salue la résilience de la région face à un environnement mondial difficile, marqué par la faiblesse des prix du pétrole, la baisse de l’aide au développement et le durcissement des conditions d’emprunt.
Le FMI note toutefois que cette solidité “ne saurait être tenue pour acquise”, soulignant la persistance de fortes vulnérabilités macroéconomiques. “La plupart des pays de la région cumulent des risques budgétaires, monétaires et extérieurs”, avertit l’institution, précisant que vingt pays sont déjà surendettés ou à haut risque de surendettement.
Des réformes à mettre en oeuvre
Parmi les moteurs de croissance, le FMI cite les réformes structurelles menées en Éthiopie et au Nigéria ainsi que la bonne tenue de certaines économies comme le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Rwanda et l’Ouganda, qui affichent des taux parmi les plus élevés au monde.
En revanche, les pays riches en ressources naturelles et ceux touchés par des conflits peinent à retrouver une dynamique soutenue, avec un revenu par habitant en hausse de seulement 1 % par an en moyenne.
Les préconisations du FMI
Face à ce contexte, le rapport identifie deux priorités majeures pour renforcer la stabilité macroéconomique. Il s’agit, d’une part, de mobiliser davantage de recettes intérieures en misant sur la numérisation des administrations fiscales, la réduction des exonérations et l’élargissement de l’assiette fiscale.
D’autre part, elle appelle à instaurer une gestion plus transparente et rigoureuse de la dette publique afin de restaurer la confiance des investisseurs et de faire baisser les coûts d’emprunt.
Le FMI encourage également le recours à des instruments de financement innovants — tels que les mécanismes de financement mixte ou les conversions de dettes en projets de développement — tout en appelant les gouvernements à renforcer la gouvernance et la transparence budgétaire.
"Dans un contexte d’incertitude persistante, les pays doivent préserver la stabilité macroéconomique tout en poursuivant leurs objectifs de développement”, conclut le rapport, invitant les autorités à concilier rigueur budgétaire, inclusion sociale et réformes économiques durables. (Eco-TransContinentsAfrica)
