Enfin, le train express régional sénégalais a touché au but. Ce lundi 28 septembre, le président Bassirou Diomaye Faye a inauguré le tronçon reliant Diamniadio à l'aéroport international Blaise Diagne, à Diass. Longue de 19 kilomètres, cette section prolonge la ligne mise en service fin 2021 entre la gare de Dakar et le pôle urbain de Diamniadio. Le TER couvre désormais près de 55 kilomètres. Il met le centre de la capitale à un peu moins d'une heure de l'aéroport.
Un billet à 6 euros en seconde classe
Le trajet complet coûte 4 000 francs CFA en seconde classe, soit environ 6 euros. Il faut compter 7 500 francs CFA en première.
Pour les voyageurs, l'enjeu est concret. Depuis son ouverture en décembre 2017, la plateforme de Diass, éloignée d'une cinquantaine de kilomètres du Plateau, se rejoignait surtout par la route, au gré de la circulation sur l'autoroute à péage.
Le rail offre désormais une alternative au temps de parcours prévisible, un argument de poids dans une agglomération où la congestion pèse sur l'économie comme sur le quotidien.
Deux ans de retard sur le calendrier
Le chantier de cette deuxième phase avait été lancé en mars 2022. Son coût était alors annoncé à 207 milliards de francs CFA, soit un peu plus de 315 millions d'euros.
Le calendrier initial tablait sur une ouverture fin 2023. Plusieurs ajustements ont repoussé l'échéance. Le chantier a notamment subi un ralentissement de onze mois, conséquence de suspensions de paiement. Un épisode qui rappelle combien les grands projets d'infrastructure restent tributaires de la santé des finances publiques.
La première phase avait elle-même connu un parcours heurté. Lancée sous la présidence de Macky Sall, avec une première pierre posée fin 2016, elle n'avait accueilli ses premiers passagers qu'à la fin de l'année 2021.
L'épine dorsale des Jeux olympiques de la Jeunesse
Le calendrier donne tout son relief à cette mise en service. Dakar accueille, à partir de la fin octobre, les Jeux olympiques de la Jeunesse, premier événement olympique organisé sur le sol africain.
Les autorités présentent la ligne comme l'axe central du dispositif de transport prévu pour les délégations sportives et les visiteurs étrangers. Relier l'aéroport, le centre de Dakar et le pôle de Diamniadio, où se concentrent une partie des équipements, c'est offrir aux athlètes et aux publics une première image de la Teranga. C'est aussi un test grandeur nature pour l'exploitation de la ligne.
Thiès, puis Mbour en ligne de mire
Le TER n'a pas vocation à s'arrêter à Diass. D'autres extensions sont déjà à l'étude, notamment vers Thiès, sur une vingtaine de kilomètres supplémentaires. Mbour, porte d'entrée de la Petite-Côte et de son économie touristique, est également évoquée pour la suite.
Reste la question du financement, dans un contexte où l'État sénégalais doit arbitrer entre ses ambitions d'investissement et la consolidation de ses comptes.
Le rail urbain, un nouveau marqueur
Au-delà du Sénégal, cette étape s'inscrit dans un mouvement plus large. D'Addis-Abeba à Lagos, d'Alger au Caire, de Casablanca à Abidjan, où le métro est en chantier, les grandes métropoles du continent misent sur le rail pour absorber une croissance urbaine sans précédent.
La desserte ferroviaire des aéroports, longtemps apanage des capitales européennes ou asiatiques, devient à son tour un attribut de la métropole africaine connectée. Dakar, en conjuguant hub aérien, pôle urbain nouveau et événement planétaire, entend en faire un levier d'attractivité. Le pari se jouera sur la durée : fréquentation, fiabilité, et capacité à étendre le réseau sans fragiliser les finances publiques. (Eco-TransContinentsAfrica)
