A Dakhla, le Sahara au coeur de la coopération économique franco-marocaine

SILLON. Alors que le Maroc considère les provinces du sud comme “un nouveau pôle de croissance de la coopération avec la France", l’Hexagone réaffirme son soutien aux investissements de ses entreprises dans le Sahara.

A Dakhla, le Sahara au coeur de la coopération économique franco-marocaine

Plus que jamais, le Sahara marocain, désormais appelé “provinces du Sud”, est le théâtre d’initiatives de plus en plus nombreuses et profondes illustrant à la fois la volonté française d’enraciner sa reconnaissance de la souveraineté marocaine sur ce territoire mais aussi de confirmer son adhésion, de concert avec les Marocains, au renforcement du partenariat économique entre le royaume chérifien et l'Hexagone. 

C’est dans le cadre du  Forum économique Maroc-France de Dakhla de ce début octobre que la dynamique requise a pu se déployer. A ce titre, celui-ci revêt une charge symbolique très importante qui a conduit l’ambassadeur de France au Maroc, Christophe Lecourtier à déclarer “qu’il incarne la position claire et sans ambiguïté de la France sur le Sahara, celle affirmée par le président Emmanuel Macron, selon laquelle le présent et l’avenir du Sahara s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine”. 

Ambassadeur de France au Maroc, Christophe Lecourtier considère que la participation au Forum économique Maroc-France incarne la position claire et sans ambiguïté de l'Hexagone sur le Sahara.
Ambassadeur de France au Maroc, Christophe Lecourtier considère que la participation au Forum économique Maroc-France incarne la position claire et sans ambiguïté de l'Hexagone sur le Sahara.

Organisé par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et le Mouvement des entreprises de France (MEDEF), à travers le Club des Chefs d’Entreprises France-Maroc, ce Forum économique Maroc-France vise à renforcer le partenariat économique bilatéral et à identifier de nouvelles synergies entre les communautés d’affaires marocaines et françaises. Les travaux du Forum de Dakhla de ces 9 et 10 octobre ont porté sur plusieurs axes prioritaires : l’Initiative royale Atlantique, la sécurité alimentaire, la transition énergétique, la décarbonation, le tourisme et la formation.

Les entreprises françaises encouragées à y investir

Revenant sur le soutien aux investissements des entreprises françaises, l’ambassadeur de France au Maroc, Christophe Lecourtier l'a clairement exprimé. Le diplomate a affirmé que l’État français encourage et soutient les entreprises hexagonales dans leurs investissements dans les provinces du Sud du Royaume, relevant qu’elles ont déjà pris part “aux développements impressionnants” qu’a connus le Maroc.

"Elles seront également au rendez-vous “des développements encore plus remarquables du sud du Royaume”, a-t-il fait savoir, notant que “dans l’industrie, le Maroc s’est hissé à un niveau encore jamais atteint dans les chaînes de valeur mondiales”, alors que dans le domaine énergétique, le Maroc est “en train de se muer en un géant” en la matière.

Il a poursuivi que les partenariats franco-marocains sont à l’œuvre pour exploiter ce potentiel, à la fois dans les énergies renouvelables, les interconnexions entre l’Europe et l’Afrique, et les perspectives de l’hydrogène vert. "Tout cela se passera essentiellement dans les régions de Guelmim-Oued Noun, de Laâyoune-Sakia El Hamra et de Dakhla-Oued Eddahab”, a-t-il encore précisé. "C’est plus que jamais le moment d’accélérer davantage pour saisir les opportunités qu’offre le Maroc dans toutes ces régions”, a  poursuivi Christophe Lecourtier.

Pour sa part, le vice-président du Mouvement des entreprises de France (MEDEF), Fabrice Le Saché, a affirmé que la présence d’acteurs français à Dakhla traduit une volonté claire de coopération économique concrète, basée sur la rencontre, l’écoute et la compréhension.

Pour le vice-président du Mouvement des entreprises de France (MEDEF), Fabrice Le Saché, "la présence d’acteurs français à Dakhla traduit une volonté claire de coopération économique concrète".
Pour le vice-président du Mouvement des entreprises de France (MEDEF), Fabrice Le Saché, "la présence d’acteurs français à Dakhla traduit une volonté claire de coopération économique concrète".

A cet égard, il a mis en avant la clarté du projet marocain pour le développement des provinces du Sud, estimant que ce modèle dépasse les frontières nationales et constitue une porte d’entrée vers l’Afrique subsaharienne.

Pour sa part, le co-président du Club des Chefs d’entreprises Maroc-France, Ross McInnes, a mis l’accent sur la dimension industrielle intégrée du partenariat franco-marocain, fondée sur une approche complète de la chaîne de valeur englobant la conception, l’investissement, l’approvisionnement, la fabrication et l’exportation.

Il a salué la qualité de la formation des ingénieurs marocains, qui permet de développer des projets technologiques de haut niveau au Maroc, rappelant que de nombreux secteurs, dont l’automobile, l’aéronautique et l’énergie dépendent de la compétence et de la fiabilité des sous-traitants locaux.

Ainsi, plus que jamais, la position de la France s’ajoute à celle affichée par les Etats-Unis qui ont affirmé récemment qu’ils encouragent les investissements des entreprises américaines dans les provinces du  sud du Royaume.

Pour rappel, les États-Unis ont reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara en décembre 2020, une décision qui a fait changer la façon dont la communauté internationale perçoit le différend régional autour du Sahara.

Depuis lors, la position du Maroc concernant son Sahara continue de recueillir un soutien international en faveur de son intégrité territoriale.

Les provinces du Sud, “moteur d’un nouveau partenariat”

Du côté marocain, cette déclaration : “Les provinces du Sud du Maroc s’affirment comme un nouveau pôle de croissance au cœur de la coopération entre le Maroc et la France”. Elle a été faite à Dakhla par le ministre délégué chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des politiques publiques, Karim Zidane. 

Pour le ministre délégué chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des politiques publiques, Karim Zidane,  “les provinces du Sud du Maroc s’affirment comme un nouveau pôle de croissance au cœur de la coopération entre le Maroc et la France”.
Pour le ministre délégué chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des politiques publiques, Karim Zidane,  “les provinces du Sud du Maroc s’affirment comme un nouveau pôle de croissance au cœur de la coopération entre le Maroc et la France”.

Selon celui-ci, “ces provinces, par leur position géographique, constituent un trait d’union naturel entre l’Europe et l’Afrique”, au cœur des grands flux maritimes internationaux et dotées d’un potentiel de connectivité unique.

Le ministre a par ailleurs souligné la vocation de hub régional des provinces du Sud, portée par des projets structurants comme le port de Dakhla Atlantique, symbole de “l’ambition du Maroc de doter ses régions méridionales d’infrastructures modernes” capables de dynamiser les échanges commerciaux internationaux.

Il a ajouté que ce forum illustre la solidité du partenariat économique entre la France et le Maroc, “fondé sur la confiance et la volonté commune de bâtir un avenir prospère”. Appelant à une “alliance économique renouvelée, équilibrée et résolument tournée vers l’avenir”, Karim Zidane a proposé de la fonder sur trois leviers : la confiance mutuelle, le potentiel des régions du Sud et l’ancrage africain du Maroc. Et de poursuivre : “Ces provinces seront demain un laboratoire de projets conjoints dans les domaines de l’énergie, de la logistique, de la pêche durable, du tourisme et des infrastructures vertes”.

Au-delà du grand potentiel, ce forum est un symbole fort 

Dans ce sillage, le vice-président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Mehdi Tazi, a insisté sur l’importance de ce forum pour mettre en lumière les atouts considérables des provinces du Sud du Royaume, soulignant que cette région “regorge d’énormes potentialités”.

Pour Mehdi Tazi, vice-président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), ce forum est important car il met en lumière les atouts considérables des provinces du Sud du Royaume.
Pour Mehdi Tazi, vice-président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), ce forum est important car il met en lumière les atouts considérables des provinces du Sud du Royaume.

Il a rappelé que la région Dakhla-Oued Eddahab dispose d’un potentiel agricole important, ajoutant que les conditions naturelles y sont idéales pour le développement des énergies renouvelables, à la faveur d’un ensoleillement et des vents constants.

De son côté, le co-président du Club des Chefs d’entreprises Maroc-France, Mohamed El Kettani, a, de son côté, salué la portée symbolique du forum organisé à Dakhla, soulignant qu’il consacre la reconnaissance par la France de la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud.

Co-président du Club des Chefs d’entreprises Maroc-France, Mohamed El Kettani, PDG d'Attijariwafa bank a salué la portée symbolique du forum organisé à Dakhla. 
Co-président du Club des Chefs d’entreprises Maroc-France, Mohamed El Kettani, PDG d'Attijariwafa bank a salué la portée symbolique du forum organisé à Dakhla. 

Il a également mis en avant la présence d’investisseurs français déjà engagés dans la région, citant notamment le projet de dessalement de l’eau de mer porté conjointement par Nareva et ENGIE.

Ce projet, a-t-il ajouté, illustre la coopération énergétique et agricole durable entre les deux pays, qui s’appuie sur des partenariats solides et une vision à long terme.

Pour sa part, le co-président du Club des Chefs d’entreprises Maroc-France, Ross McInnes, a mis l’accent sur la dimension industrielle intégrée du partenariat franco-marocain, fondée sur une approche complète de la chaîne de valeur englobant la conception, l’investissement, l’approvisionnement, la fabrication et l’exportation.

Il a salué la qualité de la formation des ingénieurs marocains, qui permet de développer des projets technologiques de haut niveau au Maroc, rappelant que de nombreux secteurs, dont l’automobile, l’aéronautique et l’énergie dépendent de la compétence et de la fiabilité des sous-traitants locaux.

Dakhla, la confirmation d’un partenariat fort profondément ancré

En 2024, près d’un tiers des investissements directs étrangers (IDE) reçus par le Maroc provenaient d’entreprises françaises, tandis que le Royaume figure désormais parmi les investisseurs étrangers de premier plan en France. “Près des deux tiers des investissements marocains à l’étranger sont dirigés vers l’Hexagone”, a précisé M. Zidane, soulignant la réciprocité croissante des flux d’affaires entre les deux pays.

Cette dynamique s’inscrit dans la Nouvelle Charte de l’Investissement, impulsée par le Roi Mohammed VI, qui ambitionne de mobiliser plus de 550 milliards de dirhams (environ 50 milliards d’euros) d’ici 2026. Ce cadre, a rappelé le ministre, “introduit des incitations différenciées selon les territoires, afin d’orienter les investissements vers les régions à fort potentiel, notamment celles du Sud”.

De quoi attirer des responsables institutionnels, opérateurs économiques et représentants d’organismes publics et privés marocains et français à participer au Forum de Dakhla avec toujours comme objectif de renforcer la coopération bilatérale entre la France et le Maroc et ainsi créer de nouvelles synergies d’investissement entre les deux pays. (Eco-TransContinentsAfrica)

PUBLICITÉ
Espace Publicitaire
336×280