AGOA : l’Afrique en baroud d’honneur au Congrès américain

ESSAI. Pour prolonger la loi permettant l’accès en franchise de droits au marché américain, des industriels africains tentent de faire pression sur l’institution législative des USA.

AGOA : l’Afrique en baroud d’honneur au Congrès américain

Malgré la vague des droits de douane décrétés par l’administration Trump, certains industriels africains veulent encore croire, qu’à défaut de sauver l’initiative commerciale de la loi sur la croissance et les opportunités en Afrique (AGOA), ils peuvent encore en retarder la mort. 

L’AGOA et la conséquence de son arrêt

Adoptée en 2000 sous la présidence de Bill Clinton avec comme objectif de fournir un accès en franchise de droits au marché américain à des milliers de produits du continent, l’AGOA a souvent représenté la porte par laquelle des produits manufacturés en Afrique pouvaient entrer chez l’Oncle Sam. 

Pour rappel, la loi visait à soutenir le développement économique des pays africains à travers des centaines de milliers d’emplois dans les secteurs du textile, de l’automobile et de l’exploitation minière. Elle était aussi, pour les législateurs américains, un outil pour contrer l’influence chinoise sur le continent.

La fin de l'AGOA sera une véritable catastrophe pour de jeunes et fragiles industries africaines comme le textile où les tarifs de douane pourraient bondir de 10 à 43 %. L'Afrique du Sud sera l'une des principales victimes de l'arrêt de cette initiative commerciale.  
La fin de l'AGOA sera une véritable catastrophe pour de jeunes et fragiles industries africaines comme le textile où les tarifs de douane pourraient bondir de 10 à 43 %. L'Afrique du Sud sera l'une des principales victimes de l'arrêt de cette initiative commerciale.  

L’année dernière, malgré le soutien bipartisan, une tentative de la  renouveler pour 16 ans n'avait pas abouti à un vote au Congrès. Depuis lors, les politiques commerciales du président Trump ont suggéré qu'il n'y avait peut-être pas la volonté politique à Washington de faire adopter une prolongation. 

En tout cas, sans prolongation, les industriels seront confrontés à de fortes hausses des droits de douane sur leurs produits. Ils pourraient ainsi bondir de 10 % à 43 % pour les textiles synthétiques. “C’est comme un château de cartes qui va s’effondrer”, a déclaré M. Bedi, prédisant des licenciements massifs dans le secteur du textile si l’AGOA n’est pas renouvelé.

Les industriels africains ne veulent pas se résigner

Cela explique donc que certains patrons de l’industrie africaine aient jugé utile d’aller plaider leur cause pour obtenir du Congrès américain qu’il prolonge d’un ou de deux ans ce programme qui doit expirer fin septembre. 

“Des délégations du Kenya et de quatre autres bénéficiaires de l'AGOA se sont rendues à Washington la semaine dernière pour faire pression en faveur de la prolongation temporaire”, a confié à Reuters Pankaj Bedi, président de la société de vêtements United Aryan, qui fournit des détaillants américains tels que Target et Walmart.

Certains industriels africains veulent croire qu'une prolongation de l'AGOA est encore possible même si de nombreux signaux annoncent le contraire. 
Certains industriels africains veulent croire qu'une prolongation de l'AGOA est encore possible même si de nombreux signaux annoncent le contraire. 

Membre du conseil d'administration de l'Association des fabricants du Kenya, M. Bedi a déclaré que la délégation d'investisseurs privés et de responsables gouvernementaux avait eu plus de 30 rendez-vous la semaine dernière y compris avec des membres du Congrès et leurs assistants.

“Les Républicains et les Démocrates du Congrès rencontrés, y compris les membres du personnel du président de la Chambre, Mike Johnson, soutenaient tous le renouvellement de l'AGOA”, a-t-il indiqué ajoutant qu’il n’était cependant pas sûr le Congrès pourrait trouver un projet de loi dans les deux prochaines semaines auquel un renouvellement pourrait être attaché.

Et de conclure : “si l'AGOA prend fin, les États-Unis seront encore plus dépendants des fabricants asiatiques. Par défaut, notre entreprise retournera en Chine”. 

Une chose est sûre : ce coup de lobbying n’a pas rendu la situation plus lisible. La Maison Blanche et les bureaux du représentant au commerce des États-Unis et du président Johnson n’ont pas fait de commentaires se rapportant à ses visites ou faisant allusion à un soutien de leur part à une prolongation de l’AGOA. Les fabricant africains ne sont donc pas au bout de leur peine. (Eco-TransContinentsAfrica) 

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