Du 6 au 15 novembre, Québec accueille la Caravane de prospection et de négociation de contrats (CPNC) Canada-Afrique. Un rendez-vous d’affaires co-organisé par la Chaire Stephen-A.-Jarislowsky en gestion des affaires internationales de l’Université Laval, la Chambre de commerce Québec-Afrique et Québec International.
Ce dernier n’est pas un acteur de circonstance. Agence de développement économique de la grande région de Québec, Québec International accompagne les entreprises locales dans la conquête de marchés hors de la province, au Canada comme à l’international.
Conseil, maillage, préparation aux marchés, accompagnement sur le terrain : l’Afrique figure en bonne place dans ce dispositif. Elle y est associée au Moyen-Orient, au sein d’un même portefeuille. À la manœuvre, Daniel Nguyen, directeur principal de la Diversification des marchés extérieurs. Son rôle consiste à aider les PME québécoises à desserrer leur dépendance aux débouchés traditionnels et à trouver ailleurs des relais de croissance. Il s'est confié à Eco-TransContinentsAfrica.
Eco-TransContinentsAfrica : Quel est le rôle de Québec International auprès des entreprises qui visent l’Afrique ?
Daniel Nguyen : Québec International accompagne les entreprises de la grande région de Québec dans leur développement de marchés hors Québec, autant au Canada qu’à l’international. Notre rôle consiste à aider les entreprises à identifier les opportunités d'affaires, à mieux comprendre les réalités des marchés ciblés, à développer des partenariats stratégiques et à établir des contacts qualifiés, pour tous les marchés, notamment l’Afrique. Nous les soutenons tout au long de leur démarche grâce à des services conseils, du maillage, une préparation aux marchés et un accompagnement terrain.
À ce jour, quels secteurs suscitent le plus d’intérêt chez les entreprises québécoises ?
Les entreprises québécoises démontrent un intérêt particulier pour les secteurs des ressources naturelles et des industries extractives, des infrastructures et du génie-conseil, de l'énergie et des technologies propres, de l'agroalimentaire ainsi que des technologies de l'information et du numérique. Les besoins croissants de plusieurs économies africaines dans ces domaines créent un environnement favorable à la création de partenariats et au déploiement du savoir-faire québécois.
Et quelles demandes remontent du côté des entreprises africaines ?
Les entreprises africaines recherchent principalement des partenaires capables de fournir une expertise technique, des technologies adaptées à leurs réalités et un accompagnement à long terme. Les demandes concernent notamment le développement des infrastructures, l'exploitation minière, l'énergie, l'agriculture, la transformation alimentaire, la gestion de l'eau et la formation. Au-delà des produits et services, les organisations africaines accordent une grande importance au transfert de connaissances et au développement des compétences locales.
Afrique et Moyen-Orient dans un même portefeuille : quelles synergies ?
L'Afrique et le Moyen-Orient présentent plusieurs complémentarités économiques. Les deux régions investissent dans les infrastructures, l'énergie, les technologies, la sécurité alimentaire et l'industrialisation. De nombreux investisseurs et groupes d'affaires du Moyen-Orient sont également présents en Afrique, créant ainsi des ponts naturels entre les deux marchés. Pour les entreprises québécoises, cette proximité offre des occasions intéressantes de développer des stratégies régionales et de créer des partenariats à plus grande échelle.
Quelle est l’erreur la plus fréquente d’une PME qui aborde un marché africain ?
L'erreur la plus fréquente consiste à considérer l'Afrique comme un marché unique. Le continent est composé de 54 pays ayant chacun ses propres réalités économiques, réglementaires, culturelles et commerciales. Une approche gagnante repose sur une bonne connaissance du marché visé, une préparation adéquate et la capacité à bâtir des relations de confiance avec des partenaires locaux. Les entreprises qui réussissent sont généralement celles qui prennent le temps de comprendre l'environnement dans lequel elles évoluent ou sont prêtes à évoluer.
Qu’est-ce qui fait qu’un partenariat stratégique tient dans la durée ?
La pérennité d'un partenariat repose avant tout sur la confiance, le respect mutuel et la création de valeur pour l'ensemble des parties. Les relations d'affaires les plus durables sont celles qui s'appuient sur une vision commune, une communication transparente et un engagement à long terme. Il est également essentiel de comprendre les réalités du partenaire et d'adapter ses pratiques aux besoins et aux attentes du marché.
La Zone de libre-échange continentale africaine modifie-t-elle votre accompagnement ?
La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) représente une avancée majeure pour l'intégration économique du continent. Elle encourage les entreprises à envisager l'Afrique dans une perspective régionale plutôt que strictement nationale. Cette évolution permet d'ouvrir l'accès à de nouveaux marchés et favorise les échanges commerciaux entre les pays africains. De plus, l’instauration de la ZLECAf ouvre encore plus d’opportunités en facilitant les échanges commerciaux sur l’ensemble du continent, en permettant de supprimer les barrières commerciales, ce qui facilite l’implantation des entreprises québécoises sur le marché de l’Afrique.
Qu’est-ce qu’une Caravane réussie, pour vous, le 15 novembre au soir ?
C’est avant tout une Caravane qui permet de créer des rencontres d'affaires pertinentes et de générer des occasions concrètes de collaboration. Le succès se mesure à la qualité des échanges, aux liens établis entre les participants et aux projets qui émergeront à la suite de l'événement. Notre objectif est de favoriser des relations durables qui pourront, à terme, se traduire par des partenariats, des contrats et des investissements mutuellement bénéfiques.
Quel visage aura la relation économique Québec-Afrique dans cinq ans ?
Daniel Nguyen : Je suis convaincu que la relation économique entre le Québec et l'Afrique sera plus forte, plus diversifiée et davantage orientée vers l'innovation. Nous assisterons probablement à une multiplication des partenariats dans les secteurs stratégiques comme les mines, l'énergie, les technologies, l'agroalimentaire et les infrastructures. Les entreprises québécoises disposeront d'une meilleure connaissance des marchés africains, tandis que les partenaires africains bénéficieront davantage de l'expertise et du savoir-faire du Québec. Cette relation se construira de plus en plus sur la collaboration, le transfert de connaissances et la création de valeur partagée. (Eco-TransContinentsAfrica)
