Au regard de sa situation particulière par rapport aux BRICS, entre Sud global, puissances militaires, puissances économiques et tenants d’une ligne résolument anti-occidentale, l’Afrique veut marquer sa place dans la nouvelle architecture géo-économique et géopolitique. Elle appelle à une approche différente du financement du développement et de la création de valeur. C’est dans cette logique que le président angolais, Joao Lourenço, également président en exercice de l’Union africaine a appelé à adapter les institutions de gouvernance mondiale aux réalités actuelles, sans négliger de renforcer le multilatéralisme.
Au nom de l’Afrique, l’appel à une nouvelle gouvernance
Dans un discours relayé par la Presidência da República, Joao Lourenço a souligné que “les nations du monde ont affaire depuis des décennies à des institutions créées après la Seconde Guerre mondiale mais, avec les profonds changements survenus en huit décennies, elles doivent s’adapter aux nouvelles réalités”.

S’exprimant au nom de l’Union africaine, il a insisté sur l’importance pour les BRICS de contribuer à équilibrer le débat sur la gouvernance mondiale entre le Sud et les pays développés. Il a évoqué “l’urgence de renforcer le multilatéralisme aujourd’hui menacé, ce qui alimente instabilité et tensions sur la planète".
L’Afrique travaille à sa part et doit être soutenue
Parallèlement, João Lourenço a rappelé que l’Afrique s’est dotée d’une stratégie de développement ambitieuse, l’Agenda 2063, et a invité les BRICS à soutenir ce programme, notamment en finançant des infrastructures favorisant l’électrification, l’industrialisation et la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine.
Profitant de l'occasion, il a annoncé que l’Angola accueillera en octobre prochain une grande conférence de l’Union africaine sur le thème “Les infrastructures comme facteur de développement en Afrique”, destinée à attirer des partenariats pour réaliser ce “grand rêve pour les Africains”.
L’appel à un monde avec moins de conflits
Au chapitre des conflits, le président angolais a exhorté à des solutions pacifiques, citant la guerre en Ukraine, les tensions entre la RDC et le Rwanda, la situation au Soudan, ainsi que le terrorisme au Sahel et dans la Corne de l’Afrique. Il a aussi appelé à la fin des violences dans la bande de Gaza et à la création d’un État palestinien conformément aux résolutions de l’ONU.
Dans un message adressé au président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, João Lourenço a salué ”les initiatives pertinentes” inscrites à l’agenda de la présidence brésilienne des BRICS et l’a félicité pour sa prise de fonction à la tête de l’organisation. De quoi souligner combien la position médiane du Brésil pouvait être salutaire dans un nouvel ordre mondial qu’il appelle de ses voeux. (Eco-TransContinentsAfrica)
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