C’est une étape majeure dans la dynamique de normalisation des liens financiers de l’Angola avec les sphères internationales. Pendant dix ans, aucune banque américaine n’avait réalisé d’opérations de compensation en dollars avec l’Angola. La faute à la corruption et à des problèmes de conformité. De quoi rompre l’isolement de ce grand pays pétrolier d’Afrique.
Le signe d’un retour de confiance
En effet, ce moment est un tournant important car il met fin à une interruption de neuf ans depuis le retrait des principales banques américaines d’Angola, en raison de la faiblesse des mesures de lutte contre le blanchiment d’argent (LCB) et le financement du terrorisme (LFT).
Par ailleurs, le système bancaire très politisé était sujet à de mauvaises pratiques en matière de garanties, pire, il a tardivement adopté les normes internationales telles que Bâle III, lequel accord conclu en 2010 dans la capitale suisse a pour objectif, faut-il le rappeler, de renforcer la solidité du secteur bancaire et de prémunir les banques contre un certain nombre de risques.
C’est dire que le retour de J.P. Morgan témoigne d’une confiance renouvelée dans les réformes financières et les progrès réglementaires de l’Angola.
Pour rappel, la compensation en dollars permet aux banques angolaises de régler les paiements en dollars américains via des comptes de correspondant ouverts auprès de banques internationales.
Des efforts notables faits depuis 2016
Standard Bank Angola a déjà annoncé son intention d’établir des relations de compensation en dollars et en euros avec J.P. Morgan, une initiative qui devrait faciliter les transactions transfrontalières et améliorer la liquidité des entreprises.
Depuis 2016, le pays a toutefois mis en œuvre des réformes de grandeenvergure, notamment la libéralisation du marché monétaire et l’introduction de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). La loi 5/20,adoptée en 2020, a profondément remanié la réglementation en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Une évaluation réalisée en 2023 par le Groupe de lutte contre le blanchiment d’argent en Afrique orientale et australe a conclu que l’Angola était largement conforme à 22 des 40 recommandations techniques. De quoi justifier le retour de J.P. Morgan. (Eco-TransContinentsAfrica)
