Contre le fraude fiscale, le Burkina dégaine la facture électronique certifiée

LUTTE. Pour renforcer sa capacité à recouvrer l’argent que les agents économiques doivent payer à l’Etat, le gouvernement burkinabè a choisi un outil digital fort.

Contre le fraude fiscale, le Burkina dégaine la facture électronique certifiée

C’est connu que l’assiette fiscale est faible en Afrique. Indépendamment des fuites de capitaux de la part de plusieurs cercles d’acteurs économiques, il y a la part prépondérante du secteur informel sur lequel l’Etat a peu de visibilité pour ne pas dire presque aucune. 

Pour parer aux inconvénients de cette réalité, le Burkina a opté pour la facture électronique certifiée (FEC) dont la finalité est de remplacer progressivement le système de factures normalisées sur papier qui avait été instauré en 2017  et dans lequel la sécurisation se faisait par stickers. De quoi assurer une meilleure traçabilité des factures. Ainsi, les opérateurs économiques sont ainsi invités à se préparer dès maintenant pour une transition que le gouvernement souhaite “fluide”.

Quel cheminement pour la facture électronique certifiée ?

Le nouveau système est d’abord passé par une phase pilote au cours de l’année 2025. Il a été déployé progressivement avec des initiatives de sensibilisation, de formation et d’accompagnement technique des entreprises assurées par la Direction générale des impôts (DGI) et par la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso.

L'enjeu de la facture électronique certifiée est d'assurer une meilleure traçabilité des transactions de manière à permettre à l'Etat de percevoir les impôts que les acteurs économiques lui doivent.
L'enjeu de la facture électronique certifiée est d'assurer une meilleure traçabilité des transactions de manière à permettre à l'Etat de percevoir les impôts que les acteurs économiques lui doivent.

Officiellement lancée le 6 janvier, la FEC va être obligatoire à partir du 1er juillet 2026 pour les contribuables relevant du régime normal d’imposition. L’adoption sera après progressivement étendue aux autres catégories d’entreprises.

Quels objectifs justifient sa mise en oeuvre ?  

Pour Aboubacar Nacanabo, ministre burkinabè de l'Economie et des Finances qui a présidé à sa mise en place, la réforme opérée autour de la facture électronique certifiée vise “à assainir les transactions commerciales et à renforcer la lutte contre la fraude fiscale”.

Et de poursuivre par un communiqué de son ministère que la FEC constitue un outil de modernisation, de normalisation et de sécurisation du système de facturation au Burkina Faso.

Autre bénéfice prévu : offrir aux consommateurs une meilleure protection de leurs droits, une transparence accrue et une confiance renforcée dans les échanges commerciaux. 

Au-delà d’une meilleure organisation de l'économie et d’une sécurisation accrue des recettes propres de l'Etat, il s’agit de garantir la souveraineté économique et financière du pays. 

Et le ministre de conclure en invitant les acteurs du secteur privé à considérer la réforme non comme une contrainte, mais comme un outil de modernité, de crédibilité et de compétitivité. (Eco-TransContinentsAfrica)

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