Droits de douane : la part que Trump a réservée à l’Afrique

CHOC. A l’instar de 130 pays à travers le monde, 50 sur le continent africain ont aussi été frappés par l’augmentation des taxes américaines. Revue de détails.

Droits de douane : la part que Trump a réservée à l’Afrique

Malgré la faiblesse de certaines de ses économies, l’Afrique est parmi les zones les plus touchées avec des taxes allant de 10 % à 50 %. Peu importe que certains pays soient déjà confrontés à des défis tels que la pauvreté, la dette et des crises sanitaires. Au-delà d’être un coup dur, cette réalité illustre que, dans sa croisade contre le déficit commercial des Etats-Unis, Donald Trump a décidé de ne pas faire de quartier dans l’épreuve de force qu’il impose autant à des pays jusque-là alliés qu’à d’autres avec lesquels la nature des relations ne bénéficie d’aucun avantage lié à l’affect. Ainsi, des menaces, le président américain est passé aux actes. 

En 2023, les échanges commerciaux entre les Etats-Unis et l’Afrique subsaharienne se sont montés à 47,5 milliards de dollars US. Les exportations de la région pour le marché américain avaient atteint 29,3 milliards de dollars US. Elles portaient notamment sur du pétrole, des métaux précieux, des automobiles et des vêtements. 

Des mesures très fortes de rupture

Principal exportateur du continent vers les États-Unis, le pays présidé par Cyril Ramaphosa voit son secteur automobile particulièrement touché, avec des tarifs additionnels de 25% sur les véhicules et les pièces détachées. De quoi mettre en péril un secteur d’exportation de 2 milliards de dollars. Quant au Lesotho, petit royaume enclavé, il est frappé par le tarif le plus élevé, soit 50%, en raison de ses propres tarifs de 99% sur les produits américains, selon l’administration Trump.

Ces décisions s’inscrivent dans une série de mesures protectionnistes de l’administration Trump, qui a également réduit l’aide américaine à l’Afrique et démantelé l’USAID, signalant un changement significatif dans les relations entre les États-Unis et l’Afrique. “Ces mesures marquent une rupture significative avec l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), un accord commercial de longue date visant à soutenir le développement africain en offrant un accès préférentiel aux marchés américains. Et donc, ce sera dramatique pour les produits ou exportateurs qui s’étaient spécialisés sur ce marché américain”, indique l’économiste sénégalais Meissa Babou cité par l’agence APAnews. .

A l’en croire, les pays africains n’ont pas la capacité de répondre à cette provocation américaine parce que nous importons déjà tout. “Si on suit cette logique, nous allons créer chez nous une inflation intérieure parce que l’augmentation de 10% des droits de droit risque quand même de créer une flambée des prix chez nous. Et donc, je crois que ce n’est pas très intelligent de vouloir suivre Donald Trump dans cette logique de guerre commerciale”, poursuit-il.

Les marchés asiatique et européen comme alternatives ? 

Pour Meissa Babou, “puisque notre position d’importateur ne nous permet pas de garantir une production locale suffisante, nous devons rester calmes et ne pas répondre à cette agression commerciale américaine”

Face à un marché américain qui se rétrécit et un marché européen aux exigences trop fortes en termes de normes, et donc difficilement pénétrable pour les produits africains, Meissa Babou estime que le marché asiatique pourrait être une bonne alternative. ”Il pourrait exister des moyens de contourner le marché américain, à condition que les exportations, même si elles sont considérables, puissent être redirigées vers d’autres zones économiques, comme l’Asie ou l’Europe”, explique l’économiste. 

“Seulement, les avantages dont bénéficiaient les Africains grâce à l’AGOA ne se retrouvent pas en Europe”, précise-t-il. Et de conclure : “En effet, les normes commerciales européennes, souvent très exigeantes en matière de qualité des produits, représentent un obstacle majeur. Cela complique l’accès à ce marché, qui est déjà notoirement difficile à pénétrer. Néanmoins, d’autres pays, comme la Chine, offrent des opportunités. Avec une économie puissante et une population immense qui consomme presque tout, la Chine pourrait représenter une nouvelle voie prometteuse pour les exportateurs africains”. 

Oui mais...

Un raisonnement qui se tient à condition que le continent africain se réajuste aussi vite que possible au niveau normatif mais aussi de l’adaptation de son offre aux marchés qui apparaissent aujourd’hui comme de potentiels marchés alternatifs. Une contrainte qui exigera de l’Afrique une autre approche et de sa production et de sa manière d’aborder les autres marchés. Peut-être une opportunité d’inclure dans la nouvelle stratégie qu’il faudra mettre en oeuvre les marchés propres à l’Afrique pour donner un contenu vertueux à la Zone de libre échange africaine (Zlecaf) tant évoquée par les . (Eco-TransContinentsAfrica)

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