“Sur la base d’un examen des performances de croissance au cours des six derniers mois de l’exercice en cours, le plan a été révisé pour prévoir que l’Éthiopie enregistrera une croissance de 10,2 % d’ici la fin de l’année”, a déclaré le premier Abiy Ahmed aux législateurs.
Un léger écart avec les prévisions internationales faites auparavant
Ce niveau de croissance est une augmentation d'un point par rapport à l'estimation précédente de 8,9 % faite en juin 2025 par le ministère des Finances. Auparavant, le Fonds monétaire international (FMI) avait prévu en janvier une croissance de 9,3 % pour 2025-26 et 7,1 % pour l'année civile 2026. De son côté, la Banque mondiale avait estimé dans son Global Economic Prospects de janvier 2026 une croissance de 7,2 % en 2025-26, puis 7,1 % en 2026 et 7,7 % en 2027.
L'explication : des performances meilleures et des réformes impactantes
La première explication de cet écart réside par les calendriers où se chevauchent l'année fiscale et l'année civile. Pour rappel, l’exercice financier en Ethiopie s’étend du 8 juillet 2025 au 7 juillet 2026. La deuxième explication se trouve dans les méthodologies : le gouvernement paraît plus optimiste tandis que les institutions internationales intègrent des risques tels que la dette mais aussi l'instabilité.
Autre explication : des secteurs clés ont donné de bons résultats. L'agriculture a enregistré une meilleure productivité, l'énergie a bénéficié des premières retombées positives des barrages notamment de celui de la Renaissance, et le secteur des mines a profité de l'augmentation de certains prix, celui de l'or en particulier.
Le pays a donc réalisé une performance supérieure aux attentes sur les six premiers mois grâce aussi à des exportations record, notamment de café et d'or, qui ont accompagné d'importantes réformes macroéconomiques. Ainsi de la libéralisation du taux de change, de la suppression des restrictions sur les comptes courants, du nouveau cadre monétaire, autant d'éléments qui ont contribué à améliorer les exportations et les investissements.
Au final, l'Ethiopie semble se remettre dans une belle dynamique que lui permettent la restructuration de sa dette et les réformes d'envergure auxquelles elle procède soutenue qu'elle est par le Fonds monétaire international. De quoi garder sa place d'économie parmi les plus performantes du continent. (Eco-TransContinentsAfrica)
