Ce 28 octobre s’est ouvert à Luanda, la capitale de l’Angola, le 3e Sommet sur le financement du développement des infrastructures en Afrique. Organisé par l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD) et la Commission de l’Union africaine (CUA), en collaboration avec le gouvernement de l’Angola, le sommet qui va se tenir quatre jours durant pourra compter sur la participation de plusieurs chefs d’État et de gouvernement du continent ainsi que de responsables de l’Union africaine.
Un sommet qui vient à son heure
La cérémonie d’ouverture a été marquée par les interventions du président angolais João Lourenço, président en exercice de l’Union africaine, du président comorien Azali Assoumani, du président togolais Faure Gnassingbé, du président de la Commission de l’UA Mahmoud Ali Youssouf, du Premier ministre burundais Nestor Ntahontuye et du vice-Premier ministre égyptien Kamel Al-Wazir.
Cette rencontre est conviée à un moment où l’Afrique fait face à un déficit de financement des infrastructures supérieur à 100 milliards de dollars et se prépare à mobiliser les 1 300 milliards de dollars nécessaires à la mise en œuvre du Plan directeur continental pour les systèmes électriques (CMP) en vue de la création d’un marché unique de l’électricité en Afrique d’ici 2040.
À lui seul, le Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA) nécessite 16 milliards de dollars par an pour réaliser des projets transfrontaliers transformateurs qui permettront de concrétiser les ambitions industrielles, commerciales et énergétiques du continent d’ici 2030.
Leadership angolais avec le président João Lourenço
En tant qu’actuel président de l’Union africaine, le président João Lourenço a placé le financement des infrastructures au cœur de son programme continental. S’exprimant lors de la cérémonie de passation de pouvoir de la Commission de l’UA en mars 2025, il avait déclaré que les infrastructures constituent l’un des piliers essentiels de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
"Nous devons mobiliser toutes les ressources financières disponibles pour atteindre nos objectifs, qu’il s’agisse des routes, des chemins de fer, des ports, des lignes électriques ou des réseaux numériques”, avait-il déjà affirmé, appelant à l’organisation d’une conférence continentale sur les infrastructures en 2025.
Le Sommet de Luanda répond directement à cet appel. Grâce à des salles de négociation et des sessions de présentation d’investissements, les gouvernements et les institutions africains présenteront leurs portefeuilles d’infrastructures à des investisseurs potentiels, dans le but d’obtenir des engagements financiers pour les corridors régionaux, la production et le transport d’électricité, les plateformes logistiques et les réseaux numériques.
Des corridors stratégiques tels que le corridor de Lobito, la route Dakar-Bamako-Djibouti et le projet de corridor LAPSSET visant à relier le Kenya, l’Éthiopie et le Soudan du Sud via un réseau de ports, d’autoroutes, de chemins de fer, d’oléoducs, d’aéroports et de stations balnéaires dans le but de faciliter le commerce et stimuler la croissance économique en Afrique de l’Est, seront présentés comme des modèles intégrés combinant infrastructures, commerce et développement industriel.
La question énergétique, centrale dans ce sommet
L’un des thèmes centraux du sommet sera la quête permanente de l’Afrique pour un accès universel à l’énergie. À travers les projets énergétiques du Programme de développement des infrastructures en Afrique , le marché unique africain de l’électricité (AfSEM) et le Plan directeur continental des systèmes électriques, le sommet explorera les mécanismes de financement destinés à combler les lacunes en matière d’accès à l’énergie pour plus de 600 millions d’Africains qui n’ont pas accès à l’électricité.
Le sommet permettra également de renforcer la collaboration avec les organisations philanthropiques et les capitaux alignés sur le climat afin de co-investir dans des infrastructures énergétiques durables, en particulier dans les régions mal desservies.
L’accent sur les infrastructures numériques
Cette réunion coïncide également avec l’examen à mi-parcours du PIDA, une étape importante qui permettra d’évaluer les progrès accomplis et de définir une orientation stratégique pour la seconde moitié du cycle PIDA PAP 2.
Plus que jamais, l'Afrique doit combler le déficit d'investissement important qu'elle subit dans le domaine des infrastructures. Select an Image
Alors que l’Afrique se positionne pour jouer un rôle de premier plan dans la révolution mondiale du numérique et de l’intelligence artificielle, le sommet de Luanda examinera comment les infrastructures numériques, les technologies financières et l’IA peuvent favoriser une planification plus intelligente, une meilleure prestation de services et une plus grande inclusion financière.
La sécurité et les infrastructures hydrauliques seront également à l’ordre du jour, avec une attention particulière accordée au financement durable de la gestion transfrontalière des ressources en eau et aux infrastructures d’adaptation au changement climatique.
Mobiliser des capitaux nationaux
Parallèlement, le sommet soulignera la nécessité impérative de mobiliser les capitaux nationaux. Avec plus de 70 milliards de dollars disponibles chaque année dans les fonds de pension et les fonds souverains africains, de nouveaux modèles de coopération public-privé seront explorés afin de libérer ces ressources pour des investissements à long terme dans les infrastructures.
Cette dynamique continentale s’aligne sur le positionnement de l’Afrique sur la scène mondiale. Sous la présidence sud-africaine du G20 en 2025, l’Afrique aura une occasion unique de faire du financement des infrastructures et de l’accès à l’énergie l’une des priorités mondiales.
Le sommet de Luanda servira de plateforme africaine clé pour alimenter les dialogues mondiaux et réaffirmer le leadership de l’Afrique dans la proposition de solutions qui fonctionnent pour le continent et pour le monde. (Eco-TransContinentsAfrica)
