C’est ce vendredi 24 octobre que le Groupe d’action financière (GAFI), basé à Paris, a annoncé à l’issue d’une réunion plénière qu’il retirait les deux plus importantes économies d’Afrique, l’Afrique du Sud et le Nigeria, ainsi que deux autres pays riches en matières premières, le Mozambique et le Burkina Faso de sa “liste grise”. Alors que le Burkina Faso y avait été ajouté en 2021, le Mozambique l’avait été en 2022, et l’Afrique du Sud et le Nigeria en 2023.
Le constat d’un effort soutenu
Pour arriver à ce retrait, chacun de ces pays a fait montre d’une volonté et d’actions concrètes que le GAFI a pris en compte. Pour l’organisme de surveillance, l’Afrique du Sud a affiné ses outils de détection du blanchiment d’argent et du financement du terrorisme, le Nigeria a renforcé la coordination entre ses diverses institutions, le Mozambique a amélioré le partage des renseignements financiers et le Burkina Faso a renforcé la surveillance des institutions financières et des contrôleurs.
Pour le gouvernement sud-africain, cette décision du GAFI constitue une avancée majeure mais reconnaît qu’il reste encore du chemin pour renforcer les institutions clés. Et Bastian Teichgreeber, directeur des investissements chez Prescient Investment Management d’ajouter, cité par Reuters : “Le retrait de la liste fournit un vent arrière modeste pour le sentiment et les primes de risque”.
Quant au Nigeria, il apprécie que cette décision renforce la confiance dans son économie.
Pour le ministre de l'Economie et des Finances du Burkina Faso, Aboubakar Nacanabo, “cette mesure a pris en compte la volonté politique des dirigeants burkinabè mais aussi le travail effectué par les ministères et les partenaires techniques du Burkina Faso”. “Ensemble, nous avons démontré que le travail, la transparence et la solidarité sont les véritables leviers de la souveraineté et de la confiance retrouvée”, a-t-il souligné.

En septembre 2025, le Burkina Faso avait adopté une loi renforçant la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.
"À chaque séance plénière, nous cherchons à renforcer la défense du monde contre les criminels, et nous avons procédé à un certain nombre de mises à jour de notre liste grise”, a déclaré Elisa de Anda Madrazo, présidente du GAFI, lors d’une conférence de presse. “Et cette plénière a été très positive, une histoire positive pour le continent africain”, a-t-elle poursuivi.
Une décision qui éclaire l’horizon financier
Elle a bien raison, la présidente du GAFI, d’utiliser le mot “positif” car la conséquence principale de ce retrait de la liste grise, c’est qu’elle contribue à stimuler les flux de capitaux et à réduire les coûts de financement.

En effet, pour les analystes, le fait de sortir de la liste pourrait faciliter l’entrée de capitaux dans les quatre pays africains. Cela pourrait également profiter aux entreprises et aux ménages de ces pays en réduisant les coûts de financement.
Le Fonds monétaire international aussi y va de l’estimation des avantages de cet état de fait. Il estime en effet que le fait de figurer sur la liste réduit les entrées de capitaux étrangers d’environ 7,6 % du produit intérieur brut. Un niveau conséquent.
"Les entreprises et les particuliers seront confrontés à moins de frictions dans les paiements transfrontaliers une fois que les principales juridictions refléteront la décision du GAFI”, a ainsi déclaré Vincent Gaudel, expert en conformité en matière de criminalité financière chez LexisNexis Risk Solutions. “Les banques développeront les services de correspondance et les opérations de financement du commerce se dérouleront plus facilement”, a-t-il ajouté. (EcoTransContinentsAfrica)
