Conakry, capitale de la Guinée, a accueilli plusieurs dirigeants étrangers pour cet événement. Ainsi étaient de la partie le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguéma, le Premier ministre ivoirien Robert Beugré Mambé et le vice-Premier ministre chinois, entre autres, ainsi que le président rwandais Paul Kagame. De quoi illustrer l'importance régionale et internationale du projet à la fois qualifié de “plus grand projet minier en cours au monde" et présenté comme un levier pour la coopération africaine en matière de développement des ressources naturelles.
La cérémonie officielle s’est tenue à Moribaya, dans la préfecture de Forécariah, dans le sud-ouest, et a été marquée par le départ du premier navire transportant le minerai de fer extrait de Simandou, l’un des plus grands gisements de fer inexploités au monde.
Un projet aligné sur le programme "Simandou 2040"
Considéré comme un pilier du redressement économique et industriel de la Guinée, ce projet aligné sur le programme "Simandou 2040”, un plan ambitieux, articulé autour de cinq piliers (infrastructures, économie, agriculture, éducation et santé), prévoit 122 projets et 36 réformes pour transformer la rente minière en productivité concrète.

Avec une croissance projetée à 10,3 % en moyenne sur 2025-2027, il vise à diversifier l'économie (actuellement dépendante à 80 % des exportations minières), créer des milliers d'emplois directs (notamment pour les jeunes via la "Simandou Académie" pour former des ingénieurs locaux), et allouer 20 % des impôts générés à un fonds de bourses d'études et 5 % à l'amélioration du système éducatif.
Le projet, d'un investissement de 20 milliards de dollars (potentiellement jusqu'à 200 milliards sur 15 ans), devrait booster les recettes publiques de 2-3 milliards de dollars annuels d'ici 2030, favorisant une industrialisation locale et une réduction de la pauvreté.
Les navires de transport du minerai réceptionnés
En attendant, en vue du lancement des navires de transport du minerai de fer ont été réceptionnés le 2 novembre dernier. Le président du Comité stratégique de Simandou, ministre Directeur de cabinet de la Présidence guinéenne, Djiba Diakité, avait présidé la cérémonie officielle de réception des premiers navires de transport du minerai de fer au port de Morebaya, en présence du ministre Secrétaire général de la Présidence, le général Amara Camara, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement et des partenaires industriels.
Les deux premiers navires, Köma et Sanfina, marquent l’achèvement du dispositif logistique du projet Simandou, après la construction du chemin de fer de 650 km reliant les zones minières au port.
Les partenaires du projet, notamment Rio Tinto/Simfer, Winning Consortium Simandou et Baowu Resources, ont salué la coopération ayant permis cette avancée. Le ministre des Mines, Bouna Sylla, avait annoncé que les premiers chargements interviendraient dans les prochains jours.
Les autres retombées attendues de “Simandou 2040”
L’ambitieux projet Simandou 2040 en Guinée, d’une valeur de 20 milliards de dollars, vise à exploiter les vastes réserves de minerai de fer du pays. Le ministre Faya François Bourouno estime que ce lancement marque “une nouvelle ère d’ambition, de partenariat et de transformation économique” pour le pays.
Ce mégaprojet devrait permettre à la Guinée de devenir un acteur majeur sur le marché mondial du fer, de diversifier son économie largement dépendante du secteur minier et de créer des milliers d’emplois, selon les autorités.
Sur le plan régional, il devrait renforcer la solidarité ouest-africaine et continentale, en positionnant la Guinée comme un hub logistique et industriel pour l'Afrique de l'Ouest.
La participation de leaders comme le Premier ministre ivoirien (représentant Alassane Ouattara, qui a salué la "portée stratégique régionale" et celle du président gabonais, symbole de coopération entre les Afriques centrale et de l’Ouest, illustre un rayonnement accru et ne manquera pas de favoriser des échanges transfrontaliers via le port de Morebaya et le rail de 650 km, potentiellement étendu à des corridors régionaux.
Le président rwandais Paul Kagame a d'ailleurs lié l'événement au Sommet Transform Africa tenue du 12 au 14 novembre 2025 à Conakry, soulignant l'intérêt pour des partenariats en infrastructures et ressources naturelles, avec des retombées attendues en emplois transnationaux et en transferts de technologies vertes.
À l’échelle internationale, le lancement a attiré les géants miniers mondiaux que sont l’Australien Rio Tinto, les Chinois Baowu et Chinalco chinois, les Singapouriens Shandong Weiqiao et Winning International de Singapour. Toutes ces structures ont convergé vers Conakry pour des dialogues stratégiques sur les investissements.
Ce projet, qualifié de "référence pour le continent africain" par Djiba Diakité, entend confirmer la Guinée comme acteur clé de la transition énergétique globale. Son minerai à haute teneur (65 %) ne manquera pas de contribuer à la décarbonation de la sidérurgie mondiale, aligné sur les objectifs climatiques (COP30).
Avec des exportations prévues à 120 millions de tonnes par an d'ici 2030, il va booster la note de crédit guinéenne (B+ par Standard & Poor’s) et ouvrir des flux commerciaux massifs vers l'Asie et l'Europe, tout en promouvant une exploitation responsable (synergies industrielles vertes et fonds souverain pour la durabilité).
Ce partenariat sino-occidental hybride scelle ainsi un modèle de co-développement, positionnant la Guinée comme un "pays ouvert en refondation" et un exemple pour les ressources critiques en Afrique.
Quid de la suite ?
Ces piliers ci-dessus évoqués devraient être financés par les revenus miniers estimés à 2-3 milliards de dollars par an d'ici 2030, des partenariats public-privé et des financements innovants dont 5 milliards de dollars US mobilisés en 2025 via apports bilatéraux et multilatéraux.
Quant à la phase opérationnelle, elle devrait démarrer en 2026, avec un calendrier en 3 étapes : une première dite d’accélération où un focus sera mis sur les mines et les infrastructures jusqu’en 2030, une deuxième dite de consolidation avec un accent sur la diversification industrielle de 2030 à 2035, une troisième dite d’intégration régionale où l’objectif sera de concrétiser la démarche pour en faire un hub ouest-africain de 2035 à 2040.
Des défis à relever, une bonne gouvernance à assurer
Malgré son ambition, des défis persistent : absorption des investissements massifs, stabilité réglementaire, montée en compétences locales et risques socio-environnementaux (déforestation, communautés impactées).
Quant à la gouvernance, elle repose sur un Comité Stratégique Simandou (présidé par Djiba Diakité), un Observatoire de suivi et des audits internationaux pour transparence. E
Élément fondamental pointé par le gouvernement : la nécessité que tout cela s’accompagne d’une "transformation des mentalités". Objectif : éviter la "malédiction des ressources". (Eco-TransContinentsAfrica)
