Le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo ne fait pas que des victimes humaines. Il impacte aussi des acteurs économiques qui ne peuvent plus, à partir d’un certain niveau de menaces, continuer l’exploitation de leur outil de travail.
C’est le cas de Heineken, géant des boissons s’il en est, qui déclarait déjà en mars que ses opérations dans trois villes de l’est resteraient suspendues jusqu’à ce qu’il soit possible de rouvrir en toute sécurité. La raison : certaines de ses brasseries avaient été touchées et ses dépôts pillés lors des combats entre l’armée et les rebelles. A la fin de la semaine dernière, le fabricant de bière a déclaré que la situation s'était encore détériorée et que des hommes armés avaient pris le contrôle de ses installations à Bukavu, qui employaient environ 1.000 personnes, et à Goma, les deux plus grandes villes de l'est du Congo, lesquelles sont désormais sous contrôle des rebelles.
Une situation d’insécurité qui a obligé de réagir
“Les conditions nécessaires pour opérer de manière responsable et sûre ne sont plus réunies et, à compter du 12 juin 2025, nous avons perdu le contrôle opérationnel”, a déclaré l’entreprise Heineken qui a tenu à préciser cependant que “l’unité de Heineken au Congo, Bralima, continue d’opérer dans d’autres parties du pays non touchées par le conflit” et qu’elle “continuerait à évaluer l’évolution de la situation”.
Il faut dire que les combats dans l’est du Congo se sont intensifiés cette année, le groupe rebelle M23 ayant organisé une avancée rapide qui a fait craindre un conflit plus large. Le Congo affirme que le Rwanda soutient le M23 en envoyant des troupes et des armes. Le Rwanda a longtemps nié avoir aidé le M23. Les deux pays et les États-Unis ont déclaré mercredi que leurs équipes techniques avaient paraphé un projet d’accord de paix qui devrait être signé ce 27 juin.
Priorité à la sécurité sur un marché important pour le brasseur
“Notre priorité absolue est la sécurité et le bien-être de nos employés”, a déclaré le groupe qui a précisé dans un communiqué : “Nous avons retiré tout le personnel restant de ces sites et nous avons continué à les soutenir financièrement.”.
Pour information, le groupe possède quatre brasseries au Congo, à Bukavu donc, à Kisangani, Lubumbashi et Kinshasa. Celles-ci produisent de la bière Heineken ainsi que d’autres marques populaires comme Primus et Amstel. Ses opérations dans les villes de Goma, Bukavu et Uvira représentaient auparavant environ un tiers des activités de Heineken au Congo.
Plus largement, près de 14 % du chiffre d’affaires total de Heineken provient de ses activités au Moyen-Orient et en Afrique, où le Congo, avec sa population de plus de 100 millions d’habitants, est un marché important. (Eco-TransContinentsAfrica)
