Infrastructures : ces 4.000 milliards de dollars qui pourraient faire la différence

AUBAINE. Selon l’Africa Finance Company (AFC), institution financière africaine multilatérale de développement, le continent disposerait de cette manne en capitaux locaux pour financer les infrastructures.

Infrastructures : ces 4.000 milliards de dollars qui pourraient faire la différence

Créée en 2007 dans le cadre d’un accord entre des États africains souverains, l’Africa Finance Company a pour principale mission de favoriser la croissance économique et le développement industriel de ses pays membres avec le souci légitime d'offrir un retour sur investissement compétitif à ses actionnaires. Et en la matière, elle vise à être le principal organisme de développement et de financement des infrastructures, des ressources naturelles et des actifs industriels en Afrique.

A ce titre, ses appréciations font autorité. Aussi, quand elle déclare que les gouvernements africains devraient se tourner vers un capital estimé à 4 000 milliards de dollars détenus par des institutions nationales comme les fonds de pension pour développer des infrastructures locales indispensables, on tend d’autant plus l’oreille que les sources de financement externes diminuent, a déclaré jeudi la Société financière africaine.

Prendre conscience des éléments dissuasifs extérieurs 

"La construction de chemins de fer et l'expansion de la production d'électricité sont des priorités majeures pour le continent à mesure que sa population et ses économies se développent, mais les sources traditionnelles de financement telles que les investissements directs étrangers et l'aide publique au développement s'avèrent de plus en plus insuffisantes”, ajoute-t-elle. 

La hausse des taux d'intérêt à l'échelle mondiale, la baisse des budgets des donateurs et les politiques protectionnistes dans les économies avancées réduisent encore la disponibilité des fonds, poursuit-elle dans un rapport qu’elle vient de publier. .

"Ces développements soulignent le besoin de l’Afrique d’une stratégie de financement plus résiliente et ancrée en interne”, poursuit l’institution dont les actionnaires sont des gouvernements africains, des prêteurs multilatéraux et des fonds privés.

Se tourner vers les capitaux locaux : une urgence

Autre constat de l’AFC : les gouvernements africains ont également du mal à trouver de la place dans les budgets nationaux pour financer des projets de développement, car les paiements d'intérêts engloutissent une part de plus en plus importante, selon son rapport.

Ils peuvent cependant se tourner vers les milliers de milliards de dollars de capitaux nationaux détenus par les fonds souverains, les fonds de pension et les banques centrales et commerciales, précise l’AFC.

Ceux-ci sont actuellement détenus par des institutions ou investis dans des instruments liquides à court terme comme les marchés monétaires en raison de restrictions légales sur les endroits où des actifs tels que les fonds de pension peuvent être investis, ajoute-t-elle dans le rapport.

Ce qu'il faut faire pour accéder aux capitaux locaux

Et l’AFC avance des pistes de solutions. “Pour débloquer ces fonds, les gouvernements africains devront moderniser d'énormes pans de leurs économies qui ne sont pas taxés et réglementés, et réformer les règles autour des fonds de pension pour leur permettre d'investir dans des projets d'infrastructure à long terme”, poursuit-elle.

"ls devront également augmenter les taux d'épargne nationaux, qui représentent en moyenne la moitié de ceux des pays asiatiques”, précise-t-elle. Et l’urgence est là. En effet, selon la Banque africaine de développement, actionnaire de l'AFC, a fixé le déficit de financement annuel de l'Afrique pour la transformation structurelle à plus de 400 milliards de dollars, soit près de 14% du PIB prévu du continent d'ici 2030. (Eco-TransContinentsAfrica)

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