Le gouvernement fédéral américain veut réduire de 555 millions de dollars le financement de la Banque africaine de développement (BAD) et de son Fonds africain de développement (FAD). Celui-ci est destiné à offrir un financement à bas prix aux pays pauvres du continent.
“Cela va être une tâche majeure et c'est effectivement le premier test du nouveau président”, déclare Hannah Ryder, fondatrice de Development Reimagined, un cabinet de conseil axé sur l'Afrique.
Cette réalité intervient au moment où la Banque africaine de développement doit se réunir en Côte d'Ivoire cette semaine pour choisir un nouveau président. Un grand moment de défi donc car la BAD est le plus grand prêteur multilatéral du continent et cette réduction des financements par le gouvernement des États-Unis va singulièrement lui compliquer la tâche.
La BAD, une institution financière centrale
Le rassemblement annuel des chefs d'État et des responsables financiers, qui se tient cette année dans la capitale économique de Côte d’Ivoire qu’est Abidjan, est l'une des plus grandes réunions financières du continent.
Et pour cause : la plus grande institution de financement du développement en Afrique appartient à 54 États africains et à des pays du G7 comme les États-Unis et le Japon. Son plus grand actionnaire est le Nigeria.
Un défi immense dans les années à venir
La banque est aux prises avec les défis d'une économie mondiale en mutation après le retour du président américain Donald Trump à la Maison Blanche, notamment des droits de douane américains plus élevés.
“Nous nous attendons à ce que la réunion discute des implications des événements mondiaux actuels découlant de l'administration Trump”, indique Fred Muhumuza, conférencier à l'école de commerce de l'Université Makerere à Kampala. “De nombreux contributeurs clés ont réduit leur soutien bilatéral aux pays africains”, ajoute-t-il.
Un impératif : trouver de nouveaux financements
Le prochain cycle de reconstitution des ressources du guichet du FAD, qui se tient sur un cycle de trois ans, devrait avoir lieu en novembre de cette année.
“Le nouveau président devra essayer de persuader les États-Unis de rétablir le financement, de rechercher des fonds supplémentaires auprès de membres non-régionaux de la banque comme la Chine, ou des pays du Golfe comme l'Arabie saoudite ou les Émirats arabes unis, en échange d'un plus grand pouvoir, ou de demander aux États africains de contribuer davantage”, poursuit Hannah Ryder.
L’élection qui se joue cette semaine
Cinq candidats d'Afrique du Sud, du Sénégal, de Zambie, du Tchad et de Mauritanie se disputent le remplacement du président sortant Akinwumi Adesina, qui quittera ses fonctions en septembre après avoir accompli les deux mandats maximum de cinq ans.
Le gagnant, qui doit obtenir 50,01 % des voix des 54 États membres africains de la banque, et lors d'un second vote de l'ensemble des 81 membres, y compris les non africains, sera annoncé jeudi. (Eco-TransContinentsAfrica)
