L’Afrique du Sud en passe de perdre sa dernière fonderie de manganèse

MENACE. En raison de coûts élevés d’électricité, l’exploitant de l’usine, Transalloys, serait au bord de la faillite et pourrait devoir fermer l’unité industrielle et ainsi supprimer des centaines d’emplois.

L’Afrique du Sud en passe de perdre sa dernière fonderie de manganèse

Les difficultés d’Eskom, principal opérateur pour la fourniture d'électricité en Afrique du Sud, ont fortement impacté les unités industrielles du pays. La dernière illustration en est la fermeture en chaîne de plus d’une douzaine de fonderies ces dernières années. La dernière, en sursis, exploitée par Transalloys, est sous la menace de devoir mettre la clef sous la porte. 

Risque de fermeture, des emplois menacés

S’exprimant sur la chaîne de télévision locale Newzroom Afrika,  Konstantin Sadovnik, PDG de Transalloys, a indiqué que son entreprise était déficitaire depuis environ trois ans, principalement en raison de la forte hausse des coûts de l’électricité, lesquels représentent près de 40 ​% des dépenses totales.

Conséquence : acculée, l’entreprise prévoit de supprimer environ 600 ​emplois directs, une mesure qui pourrait avoir un impact sur pas moins de 7 ​000 ​emplois dans l’économie de la municipalité d’eMalahleni où elle est basée, fait remarquer Reuters. “L’emploi d’autant de personnes est en jeu”, a ajouté le PDG. 

PDG de Transallys, Konstantin Sadovnik a prévenu des difficultés rencontrées par son entreprise depuis trois ans en raison des coûts d'électricité trop élevés par rapport à ceux de la concurrence. 
PDG de Transallys, Konstantin Sadovnik a prévenu des difficultés rencontrées par son entreprise depuis trois ans en raison des coûts d'électricité trop élevés par rapport à ceux de la concurrence. 

Et de préciser que l’usine pourrait être mise en veilleuse en attendant une solution à court terme ou même fermée définitivement. A ses yeux, tout dépend du cadre de tarification de l’électricité proposé par le gouvernement et l’industrie du ferrochrome. La question serait en effet de savoir si les fonderies de manganèse y  sont incluses ou pas. 

“​L’énergie est notre principal facteur de coût “, a insisté Konstantin Sadovnik, ajoutant que Transalloys est en concurrence avec des fonderies à l’étranger dont les coûts d’électricité sont “environ la moitié” des niveaux réglementés en Afrique du Sud.

Un contexte de grande fragilité

Le sujet n’est pas anodin car l’Afrique du Sud est le plus grand producteur mondial de manganèse. Pour rappel, ce minerai est utilisé dans la fabrication de l’acier mais la nation arc-en-ciel en exporte la majeure partie dans sa forme primaire en raison de sa capacité de fusion limitée. C’est dire que la fermeture de l’unité de Transalloys serait catastrophique en ce qu’elle obligerait le pays à exporter en entier toute la valeur ajoutée rattachée à ce minerai. 

Transalloys est l'exploitant de la dernière fonderie de manganèse d'Afrique du Sud. Sa fermeture obligerait à exporter toute la production du pays pour la faire fondre dans des unités à l'étranger.
Transalloys est l'exploitant de la dernière fonderie de manganèse d'Afrique du Sud. Sa fermeture obligerait à exporter toute la production du pays pour la faire fondre dans des unités à l'étranger.

Au regard de cette menace, Nersa, le régulateur énergétique du pays, examine actuellement les voies et moyens de procéder à un ajustement tarifaire provisoire du tarif de l’électricité ​​pour les fonderies en difficulté dans le secteur du ferrochrome en attendant de trouver un mécanisme à plus long terme lui permettant de résister à des prix plus bas donc compétitifs.

Pour le moment, Transalloys espère qu’une solution va être trouvée dans les deux prochains mois. Et son PDG de préciser que “​la restructuration continuera à s’imposer si d’ici février la situation n’évoluait pas”. (Eco-TransContinentsAfrica)

PUBLICITÉ
Espace Publicitaire
336×280