Constituée en 2023 sous la forme d'un pacte de sécurité entre les dirigeants militaires du Mali, du Burkina et du Niger, tous arrivés au pouvoir par un coup d’Etat, l'Alliance des États du Sahel a progressivement pris les allures d’une union économique en devenir, avec des projets de passeports biométriques et des liens économiques et militaires plus étroits. C’est dans cette dynamique que ses trois pays membres ont annoncé une nouvelle taxe de 0,5% sur les produits importés, de quoi se donner les moyens de financer des projets communs.
La fin du libre-échange en Afrique de l’Ouest
La taxe, décidée ce dernier vendredi de mars entre en vigueur immédiatement. Elle va concerner tous les biens importés de l'extérieur des trois pays, mais n'inclut pas l'aide humanitaire. Selon lez communiqué publié à cet effet, elle servira à “financer les activités” de la confédération.
Cette décision met fin au libre-échange en Afrique de l'Ouest, dont les États sont depuis des décennies sous l'égide de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Elle met aussi en lumière le fossé qui sépare ces trois États qui bordent le désert du Sahara des pays présentés comme des démocraties que sont le Nigeria et le Ghana, des pays plus au sud et ouverts sur la mar.
Comment la séparation d’avec la CEDEAO a été actée
Les juntes des trois pays ont annoncé leur intention de quitter la CEDEAO l'année dernière, accusant l'organisation de ne pas les avoir aidés à lutter contre les insurgés islamistes et à mettre fin à l'insécurité.
La réaction de la CEDEAO d’imposer des sanctions économiques, politiques et financières aux trois pays afin de les contraindre à revenir à l'ordre constitutionnel, n’a pas d’impact sur la détermination de ces trois pays qui ont vu dans ces sanctions un manque de solidarité de plus. Pays parmi les plus pauvres du monde, le Mali, le Niger et le Burkina ont en effet été frappés par une insurrection islamiste armée au cours de la dernière décennie. Et les violences, commises par des groupes liés à Al-Qaïda et à l'État islamique, ont fait des milliers de morts, forcé des millions de personnes à fuir et érodé la confiance dans les gouvernements démocratiquement élus qui ont d'abord lutté pour les contenir. (Eco-TransContinentsAfrica)
