C’est un pas important dans le renforcement du partenariat commercial entre le royaume chérifien et l’Union européenne. Un amendement vient en effet d’être apporté ce 4 octobre à l’accord de 2018 qui liait les deux parties. Signé à Bruxelles par l’ambassadeur marocain Ahmed Réda Chami, l’accord entre en application provisoire immédiatement, en attendant la finalisation des procédures internes.
Le traitement des produits des province du Sud reconsidéré
Principalement, cet accord entre le Maroc et l'Union européenne introduit des ajustements techniques notamment sur l’étiquetage. Plus précis, celui-ci va indiquer l’origine régionale des produits, ce qui va apporter plus de transparence et valoriser les productions des provinces du Sud que sont Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Eddahab. S’inscrivant dans une volonté de fluidifier les échanges commerciaux entre le Maroc et l’Union européenne, cet accord va, d'un côté, soutenir le PIB agricole marocain et, d'autre part, stimuler l’investissement ainsi que l’emploi dans les provinces du Sud.
Le renforcement d’un partenariat privilégié
Pour le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, “cet accord sectoriel, bien que commercial, envoie des signaux forts sur le plan diplomatique”. “Il réaffirme la reconnaissance par l’Union européenne des efforts du Maroc sur la question du Sahara et s’aligne sur le soutien de plusieurs États membres à l’initiative marocaine d’autonomie”, a-t-il ajouté.

Le Maroc, premier partenaire économique africain et arabe voit ses échanges avec l'Europe dépasser 60 milliards d’euros par an. Celle-ci représente 59 % du commerce extérieur marocain. : à 25,3 milliards d'euros, elle représente 67,7 % de ses exportations et 35,3 milliards d'euros, 54 % de ses importations.
L’agriculture, un apport primordial pour les deux parties
De manière plus précise, l'agriculture marocaine a représenté environ 3 milliards d'euros d'exportations vers l'UE en 2024, principalement des produits végétaux (fruits, légumes). A ce niveau, il faut préciser que l’extension de 2019 aux provinces du Sud avait déjà illustré des bénéfices tangibles qu'un rapport de la Commission européenne de mars 2024 a attestés.
Pour bien situer les provinces du Sud dans la relation avec l’Union européenne, il faut avoir à l'esprit que leurs exportations vers l'UE ont augmenté de 10 % environ entre 2020 et 2022, passant de 77,7 millions d'euros à 85,6 millions d'euros. Malgré les défis à relever comme la sécheresse, c’est une performance appréciable à laquelle les économies de droits de douane estimés à plusieurs millions d'euros annuels pour les exportateurs sahariens ne sont pas étrangères.
Un impact appréciable sur le PIB, l’emploi et les investissements
Pour la partie marocaine, cet accord a un impact extrêmement important sur plusieurs plans.
D’abord, celui de l’apport de l’agriculture au PIB global : 11 %.
Ensuite, dans la manière dont il a amplifié la situation dans les provinces du Sud. Faut-il rappeler que les investissements publics (35 % du PIB local) et l'export y ont boosté la croissance à un rythme supérieur à la moyenne nationale (4,1 % à Dakhla-Oued Ed-Dahab vs. 2,9 % au Maroc en 2022). Par ailleurs, à l'échelle nationale, l'agriculture a rebondi de 3,4 % en 2023 malgré les aléas climatiques.
Quels autres domaines convient-il d’adresser quant à l'impact de cet accord ? Ce sont l’emploi et les investissements.
Pourquoi ? Parce que le rapport de l’Union européenne de 2024 note une augmentation de l'activité économique et des opportunités d'emploi dans le Sahara marocain dans l'agriculture et la transformation. Le secteur emploie déjà 30 % de la population active marocaine et l'accord cible particulièrement les jeunes dans le Sud, c’est dire.
Pour les investissements étrangers, ils sont en croissance avec comme illustration le Forum économique Maroc-France prévu à Dakhl le 9 octobre de cette année 2025. Egalement, des programmes de UK Export Finance alignés sur l'intérêt des États-Unis, France et Royaume-Uni pour la région.
Au final, qualifié de “solide et dense” et couvrant des dimensions économiques, politiques, sociales, environnementales et sécuritaires, cet accord ouvre la voie à une coopération plus ambitieuse. Il en est ainsi du renforcement de l’ancrage de l’Union européenne en Méditerranée et en Afrique mais aussi de la consolidation de la dynamique de développement dans le Sahara marocain. (Eco-TransContinentsAfrica)
