Minéraux critiques : “Accord sans précédent” entre l’Afrique du Sud et l’Union européenne

TOURNANT. Sur fond de défense du multilatéralisme, chacune des deux entités souhaite se sécuriser, l’une dans la chaîne de valeur des minerais, l’autre dans les métaux essentiels.

Minéraux critiques : “Accord sans précédent” entre l’Afrique du Sud et l’Union européenne

C’est pour répondre à une urgence quasi existentielle sur les plans à la fois industriel et économique que l’Afrique du Sud et l’Union européenne ont signé un accord de partenariat centré sur les métaux critiques.  

Pour l’Afrique du Sud, progresser dans la chaîne de valeur

Après que le ministre sud-africain des Mines, Gwede Mantashe, a signé le protocole d’accord, le président Cyril Ramaphosa en a indiqué la portée. “Nous signons un accord sans précédent”, a-t-il dit dans une conférence de presse avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen António Costa. Et de préciser sa pensée : “Nous ne nous contenterons plus d’extraire des minéraux. Nous voulons extraire ces minéraux, les faire traiter sur le lieu d’extraction... afin que l’Afrique du Sud commence à progresser dans la chaîne de valeur”.

Pour l’Union européenne, sécuriser son approvisionnement

Confrontée à une nouvelle donne géo-économique du fait des bouleversements géopolitiques observées depuis près de trois ans, notamment avec le déclenchement de la guerre russo-ukrainienne, l’Union européenne est sous pression d’impératifs qui la conduisent à penser autrement sa politique d'approvisionnement des métaux critiques. 

Plus que jamais,  elle s’emploie à les sécuriser du fait de leur impact essentiel dans la transition énergétique des combustibles fossiles vers sources d’énergies renouvelables, dans la révolution informatique et dans le secteur de la défense, alors qu’elle est confronté à des restrictions potentiellement dommageables à l’initiative de la Chine, principal fournisseur mondial de terres rares.

Parmi les perspectives que l’UE veut construire, il y a un stockage conséquent de terres rares face aux concurrents que sont d’autres pays industrialisés comme les Etats-Unis mais aussi le développement d’un mécanisme d’achat conjoint de 9 millions d’euros. 

“Nous avons besoin de ces intrants pour alimenter la transition vers une énergie propre, ici (en Afrique du Sud) comme en Europe. L’avenir de notre économie dépend donc de chaînes d’approvisionnement équitables et fiables”, a expliqué von der Leyen.

Défendre ensemble le multilatéralisme

Ensemble, l’Afrique du Sud et l’Union européenne souhaitent ainsi maintenir à un bon niveau le multilatéralisme dans les affaires internationales malgré les blocages et initiatives de rejet prises par  l’administration Trump.

“Nous avons convenu de nous unir pour défendre la démocratie, le multilatéralisme, les droits de l’homme et l’État de droit”, a indiqué le président Ramaphosa à l’unisson de ses hôtes européens. Une manière à la fois de résister mais aussi de se déployer autrement dans les échanges internationaux actuels. (Eco-TransContinentsAfrica)

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