En raison de la dimension stratégique du minerai concerné ainsi que de la relation privilégiée que le Niger avait avec la France à travers la cohabitation des deux pays dans cette filière, c’est un véritable coup de tonnerre que cette décision de nationalisation de la Somair.
Cette décision intervient dans le contexte d’une vague de nationalisations de mines en Afrique de l’Ouest, suscitant des inquiétudes de la part des sociétés minières internationales et de nombreux acteurs étrangers du secteur qui ont investi des milliards de dollars dans la région.
Les accusations du Niger
Dans un communiqué publié jeudi soir, le Niger a accusé la société française de prendre une part disproportionnée de la production commercialisée de la mine par rapport à sa participation.
“Selon le pacte d’actionnaires, l’uranium produit par SOMAÏR est retiré par les actionnaires au prorata de leurs participations respectives. Cependant, les chiffres... sont loin de refléter cette règle de partage”, a indiqué le communiqué.
Il a également accusé Orano de ce qu’il a qualifié de comportement “irresponsable, illégal et injuste”, soulignant la décision de l’entreprise de retirer les ressortissants français travaillant sur le projet, de le déconnecter du système informatique du groupe et d’arrêter la production à la mine.
La réaction d'Orano
Orano a refusé de commenter les plans du Niger de nationaliser Somair. Elle n’a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire sur les allégations du gouvernement.
Orano a poursuivi l’arbitrage contre le Niger et a intenté des poursuites dans le pays contre les actions de l’État, et avait mis en garde contre l’ingérence du gouvernement à Somair, qui, selon lui, portait atteinte à la situation financière de la mine.
Elle envisageait une vente potentielle de sa participation dans Somair, après que le Niger a bloqué les exportations d’uranium de la mine et en a pris le contrôle, selon un rapport du Financial Times en mai.
Pour rappel, Orano détient une participation de 63 % dans Somair, tandis que la société publique nigérienne Sopamin détient le reste, mais le gouvernement a déclaré que Orano avait pris 86,3 % de la production entre 1971, date de lancement de la mine, et 2024, sans donner de précisions.
Dans l’orbite de nationalisations dans la région
Le gouvernement a pris le contrôle de la mine en décembre et semble être dans le sillage de ce qui s’est passé au Burkina Faso qui a également nationalisé cinq mines d’or ce mois-ci.
Au Mali voisin, le complexe aurifère Loulo-Gounkoto de la société canadienne Barrick Mining a été placé sous contrôle de l'État par un tribunal lundi, dans une escalade majeure d'un différend sur les taxes et la propriété. (Eco-TransContinentsAfrica)
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