Nouvelle architecture financière africaine : ce que la BAD va faire

ORBITE. Cinq mois après sa prise de fonction, le président Sidi Ould Tah passe à l’offensive et livre le cap qu'il a choisi de prendre.

Nouvelle architecture financière africaine : ce que la BAD va faire

C’est devant le corps diplomatique réuni lors du déjeuner annuel avec la Banque africaine de développement que le président de l’institution financière continentale a livré la manière dont il compte bâtir une nouvelle architecture financière pour l’Afrique. Le défi est de taille au regard des plus de 400 milliards de dollars de besoins annuels de financement du développement du continent mais Sidi Ould Tah est apparu confiant dans le cap qu’il a choisi de prendre pour mener le bateau Afrique à bon port. 

Les axes prioritaires de Sidi Ould Tah

Pour ce faire, face à l’environnement international instable et donc compliqué, le président de la Banque africaine de développement (BAD) a choisi de prioriser quatre axes. 

Le premier est relatif à la mobilisation à grande échelle des ressources pour le financement du développement du continent africain. Il envisage de mobiliser massivement des fonds, tisser des partenariats avec le secteur privé et capter l’épargne africaine.

Le second concerne précisément la nouvelle architecture financière. “Il faut réorienter les actifs des fonds souverains et de pension africains (estimés à 1 trillion de dollars) vers le développement plutôt que vers les placements passifs”, a-t-il indiqué cité par APAnews. Et de souligner que les actifs sous gestion des fonds souverains et des fonds de pension “ne sont pas orientés vers le financement du développement, mais plutôt investis dans les bons du trésor et dans les actifs immobiliers. Il s’agit de les réorienter dans le financement du développement”.

Quant au troisième axe, il porte sur l’emploi et les PME. Sur ce point, le président de la BAD veut œuvrer avec les dirigeants à l’effet de formaliser le secteur informel et transformer le système éducatif pour créer des millions d’emplois pour la jeunesse.

S’en suit le quatrième axe. Il concerne les partenariats Public-Privé (PPP). Sur point, Sidi Ould Tah veut consolider une approche “gagnant-gagnant” avec les institutions financières avec comme innovation majeure de coordonner au mieux les acteurs locaux.

La Banque africaine de développement en “chef d’orchestre”

Dans cette architecture financière, la BAD souhaite agir en “chef d’orchestre” d’un écosystème intégrant banques régionales, fonds de garantie et caisses de retraite. A cet effet, Sidi Ould Tah a fait observer que “ces ressources ne sont pas orientées vers le financement du développement, mais plutôt investis dans les bons du trésor et dans les actifs immobiliers”

“La nouvelle architecture financière, a-t-il dit, est censée permettre « plus de synergies et de coordinations et une amélioration de l’efficacité des différentes institutions dans un esprit de subsidiarité”. Et de mettre en exergue trois niveaux : le continental, le régional et le national.

“Ensemble, a-t-il fait savoir, nous pourrions mobiliser des ressources conséquentes pour contribuer au financement du développement de l’Afrique ; et c’est dans cet esprit qu’au cours des derniers mois la BAD a organisé des consultations avec tous ces acteurs et nous attendons rencontrer les banques centrales”.

Des raisons d’y croire

Comme pour illustrer que malgré les défis, la réussite peut être au bout du chemin, le président de la BAD a salué le succès de la 17e reconstitution du Fonds africain de développement (FAD), une reconstitution qualifiée d’historique, avec la contribution déjà annoncée de 24 pays membres régionaux.

Deux réactions donnent le ton de la perception qu’a pu susciter cette approche de Sidi Ould Tah quant à la nouvelle architecture financière de l’Afrique. Le Nonce apostolique, Mgr Mauricio Rueda Beltz, s’est félicité de ce leadership “capable d’exploiter le boom démographique africain comme un levier de croissance”. Et de son côté, Kaba Nialé, cheffe de la diplomatie ivoirienne, a salué la pertinence d’une telle vision dans un contexte où l’accès au capital mondial se durcit. (Eco-TransContinentsAfrica)

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