"C’est pour aider les projets à atteindre l'échelle requise pour attirer des fonds mondiaux majeurs” que l’initiative a été prise d’aller dans le sens d’étendre les prêts en monnaie locale selon Makhtar Diop, le directeur général de la Société financière internationale (SFI) s’exprimant à Casablanca dans le cadre de la 5e édition de l’Africa Financial Summit (AFIS) sur le thème de la libération de la souveraineté financière de l’Afrique.
Les explications de ce nouveau crédo
"Ce que les investisseurs nous disent, c'est que lorsque nous avons des actifs de moins d'un milliard, cela ne nous intéresse pas”, a-t-il ajouté. Et de poursuivre : “Lorsque vous parlez à BlackRock, lorsque vous parlez à toutes ces personnes, elles vous disent qu'elles ont besoin d'un certain volume pour pouvoir investir dans leurs pays et disposer de ressources à long terme”.
Le contexte de cette nouvelle approche
Ces propos rejoignent une tendance forte de généralisation de la volonté d'attirer davantage d'argent privé dans les pays en développement. Cela se passe en même temps que les pays riches réduisent leurs dépenses d'aide et que le financement concessionnel est réduit.

Dans un tel contexte, les experts n’hésitent pas à mettre en avant le fait que les prêts en monnaie locale peuvent protéger les pays en développement de la volatilité des devises sur lesquelles ils ont un contrôle limité.
L’Afrique, un champ important pour la SFI
Pour rappel, l'Afrique a représenté plus de 15 milliards de dollars d'engagements de la SFI l'année dernière, principalement sous forme de dettes et de financement du commerce. Selon Makhtar Diop, les prêts en monnaie locale ont représenté déjà environ 30 % du portefeuille de la SFI.
Indépendamment de sa démarche par rapport aux prêts, la SFI cherche également à établir des partenariats avec des banques commerciales pour échanger des ressources en dollars contre des lignes en monnaie locale. Makhtar Diop a déclaré qu'une intégration plus poussée des marchés, y compris des bourses interopérables, aiderait à mobiliser l'épargne et à attirer des investisseurs à long terme. (Eco-TransContinentsAfrica)
