Québec-Afrique : la confiance, premier capital d'un partenariat qui veut durer

TRIBUNE. Fausses promesses de visa, partenariats sans lendemain : la relation Québec-Afrique souffre d'un déficit de confiance. Pour le DG de la Chambre de commerce Québec-Afrique, c'est pourtant l'actif qui manque le plus aux affaires.

Québec-Afrique : la confiance, premier capital d'un partenariat qui veut durer

Quand on évoque les relations entre le Québec et l'Afrique, on parle volontiers de capitaux, de marchés et de ressources. On parle moins de l'actif qui conditionne tous les autres : la confiance. Et elle se perd vite.

Savoir la vérité sur les visas

L'entrepreneur africain à qui un intermédiaire a vendu une “garantie de visa” repart convaincu que le Canada est une porte fermée. La PME québécoise revenue d'une mission sans lendemain conclut que l'Afrique ne tient pas ses promesses. Les deux récits se nourrissent l'un l'autre.

Disons-le clairement : aucune chambre de commerce, aucune caravane d'affaires, aucun intermédiaire ne délivre de visa. Seul Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada décide. Toute offre qui promet le contraire contre paiement doit alerter. Le rappeler, c'est protéger. 

Pourquoi la confiance ne se décrète pas 

Au-delà, comment construire cette confiance ? D’abord, par des pratiques.

La première est la vérification. Savoir à qui l'on parle, à qui appartient l'entreprise, ce que valent ses références. Ici comme là-bas.

La deuxième est la norme. Une marchandise certifiée et traçable passe la douane. Celle qu'il faut sortir du conteneur pour la vérifier pièce par pièce perd des semaines, et la relation avec elle. Accompagner les entreprises africaines vers les certifications exigées au Canada, c'est investir dans la confiance.

La troisième est la durée. Un protocole d'entente ne vaut que par le suivi qui l'accompagne. Trop de partenariats meurent après la photo.

La quatrième est le partage de la valeur. Tant que la relation se résume à acheter des matières premières et à vendre des produits finis, elle reste fragile. Quand on coproduit, chacun a intérêt à la réussite de l'autre. C'est le changement de paradigme que j'ai défendu devant les parlementaires canadiens au printemps.

Une Caravane sur des bases solides

C'est dans cet esprit que nous préparons la Caravane de prospection et de négociation de contrats, du 6 au 15 novembre à Québec : des rencontres préparées, des interlocuteurs identifiés, des engagements suivis. Une plateforme pour conclure, pas une promesse d'immigration.

La confiance a aussi une dimension publique. Des visas d'affaires plus prévisibles, des ministères qui se coordonnent, des outils financiers qui évaluent le risque africain à sa juste mesure : autant de signaux que les entrepreneurs, des deux côtés, lisent attentivement.

À l'heure où le Canada diversifie ses marchés et où l'Afrique choisit ses partenaires, la confiance n'est pas une vertu accessoire. C'est un avantage concurrentiel. Par sa langue, ses normes et sa diaspora, le Québec a de quoi en faire son meilleur atout. (Eco-TransContinentsAfrica)

* Sègbédji Parfait Aïhounhin, directeur général de la Chambre de commerce Québec-Afrique

PUBLICITÉ
Espace Publicitaire
336×280