Qu’est-il sorti du Sommet États-Unis–Afrique de Luanda ?

QUESTIONNEMENT. Avec des engagements stratégiques en faveur du commerce et de l’investissement sur le continent africain, il porte la marque de l'Administration Trump.

Qu’est-il sorti du Sommet États-Unis–Afrique de Luanda ?

Dans le contexte de défiance dans lequel naviguent les relations entre les Etats-Unis sous l’administration Trump et l’Afrique, la tenue d’un sommet entre ces deux entités conduit légitimement à se demander ce qui en est réellement sorti.  

Quid des organisateurs ? 

Organisé du 22 au 25 juin dernier et ce conjointement avec le Corporate Council on Africa et la présidence angolaise, le sommet a réuni plus de 2 700 acteurs des secteurs public et privé, dont douze chefs d’État africains — un niveau de participation inédit. “Cette affluence record témoigne de l’engagement mutuel à renforcer le commerce et l’investissement pour une prospérité partagée”, a souligné la porte-parole du Département d’État, Tammy Bruce.

La délégation américaine, conduite par l’ambassadeur Troy Fitrell, haut responsable pour les Affaires africaines, comptait plusieurs hauts fonctionnaires en charge des relations économiques avec l’Afrique, notamment des représentants de la Banque d’Export-Import des États-Unis, de la DFC (U.S. International Development Finance Corporation), de l’USTR (Bureau du Représentant américain au commerce) et de l’Agence américaine pour le commerce et le développement.

La confirmation de la philosophie “Du commerce plutôt que de l’aide”

Selon un communiqué du Département d’État américain, ce sont plus de 2,5 milliards de dollars d’accords et d’engagements qui y ont été signés. Ils ont porté sur plusieurs projets dont voici les plus notables

Tout d’abord, il y a cet accord stratégique entre Amer-Con Corporation et l’agence angolaise de régulation du fret pour la construction de 22 silos à grains le long du corridor de Lobito. Ce projet est soutenu par la Banque d’Export-Import américaine.

La société Cybastion, spécialisée dans les technologies, a signé avec Angola Telecom un investissement de 170 millions de dollars visant à moderniser les infrastructures numériques et à renforcer la cybersécurité dans le pays.

En Sierra Léone, CEC Africa et AG&P ont convenu du développement du premier terminal de GNL d’Afrique de l’Ouest, projet appuyé par la DFC.

Dans la région des Grands Lacs, Ruzizi III Holding Power Company s’est associée à Anzana Electric Group pour un projet hydroélectrique de 760 millions de dollars entre le Rwanda et la RDC. Ce projet devrait fournir de l’électricité à près de 30 millions de personnes.

En Éthiopie, Ethiopia Investment Holdings et U.S. International Finance Partners ont signé un protocole d’accord portant sur un investissement de plus de 200 millions de dollars dans le secteur du tourisme haut de gamme, en présence du président Taye Atske Selassie.

Enfin, Hydro-Link, un investisseur américain dans l’énergie, a conclu un accord de 1,5 milliard de dollars avec le gouvernement angolais pour développer une ligne de transmission électrique privée de 1 150 km entre les centrales hydroélectriques d’Angola et les mines de minerais stratégiques dans le sud de la RDC.

Preuve de la prise en compte de la philosophie du président républicain, toutes ces initiatives se sont inscrites dans le cadre de la stratégie de diplomatie commerciale de l’Administration Trump. Celle-ci privilégie le commerce à l’aide dans ses relations avec l’Afrique, en mettant l’accent sur des partenariats fondés sur l’investissement et la réciprocité.

Qu’est-ce que cela donnera en définitive ? Attendons la concrétisation sur le terrain de ces accords. (Eco-TransContinentsAfrica)

PUBLICITÉ
Espace Publicitaire
336×280