Le ciel se dégage pour le Kenya quant à ses risques de liquidité. “Les solides recettes d'exportation et les envois de fonds de la diaspora ont renforcé les réserves de change du Kenya, contribuant à atténuer les pressions liées aux déséquilibres extérieurs élevés”, a déclaré l'agence de notation S&P qui vient d’envoyer un signal positif en améliorant la note du Kenya. Pour rappel, les montants concernés tournent autour de 4 milliards de dollars US.
Un rôle important de la croissance
Comme pour renforcer la pertinence de cette décision, le président William Ruto a indiqué la semaine dernière que la croissance économique du pays devrait dépasser les prévisions officielles malgré la hausse des tarifs américains et d'autres défis.
"L'économie devrait croître de 5,6 % cette année, a-t-il précisé, ce qui est supérieur aux prévisions du ministère kenyan des finances de 5,3 % et à la projection de la banque centrale de 5,2 %. Pour rappel, le Kenya a enregistré une croissance économique de 4,7 % il y a un an.
Autre raison de l’appréciation de S&P : le Kenya a renforcé sa discipline fiscale et ses remboursements d’Eurobonds, progressifs entre 2025 et 2027, sont jugés gérables malgré la pression d’une dette publique élevée représentant 68 % du PIB en 2024.
De manière plus globale, concernant les perspectives pour le Kenya. S&P les estime “stables” à l’instar de Fitch Ratings là où Moody’s les juge “positives”.
“Stables”, “positives” : ce qui explique la notation de Fitch Ratings et Moody's
Concernant l’agence Moody's, elle salue pour le Kenya les conditions d’emprunt améliorées et un potentiel de meilleure financement externe si les efforts de recettes fiscales portent leurs fruits.
Elle marque ainsi que sa confiance s’est accrue dans les réformes même si la notation signale qu’il y a un gros risque lié à un déficit budgétaire élevé (5,7 % du PIB en 2025) et des institutions relativement faibles du fait de la corruption et d’une certaine imprévisibilité politique alimentée par les derniers événements survenus au Kenya. L’agence note que l’upgrade pourrait survenir lors de la prochaine revue complète si la croissance se maintient.
Pour ce qui est de Fitch Ratings, elle explique sa notation par son appréciation de la croissance potentielle forte qui était de 5,7 % en 2019 et qui s’est maintenue au-dessus de la médiane de 4,6 %, également de la structure de dette favorable autour de deux points : une dette dont moins de 50 % est en devises étrangères, un marché domestique développé.
Cela dit, des facteurs comme une dette nette extérieure élevée et des indicateurs de gouvernance inférieurs à la médiane “B” maintiennent la notation spéculative d’où la nécessité d’une plus grande vigilance des autorités kényanes. (Eco-TransContinentsAfrica)
