Progressivement, le Rwanda et la RD Congo mettent en place les éléments ouvrant la voie à la prise en compte des intérêts bien compris de l’un et de l’autre pays. C’est ainsi qu’il faut voir l’accord intervenu à Washington lors de la quatrième réunion du Comité conjoint de supervision de l’Accord de paix, laquelle s’est tenue le 7 novembre 2025 en présence de représentants des États-Unis, du Qatar, du Togo (médiateur mandaté par l’Union africaine) et de la Commission de l’Union africaine.
En quoi consiste le Cadre d’intégration économique régionale (CIER) ?
Supervisé par le sous-secrétaire Hooker et le conseiller principal Boulos, le CIER “définit les domaines clés pour renforcer la coopération et le développement économiques entre les deux nations, démontrant les avantages tangibles de la paix et créant des opportunités d’investissement et de croissance profitant directement aux populations de la région”..

La mise en œuvre du REIF demeure toutefois conditionnée à l’exécution satisfaisante du Concept d’opérations (CONOPS) et de l’Ordre opérationnel (OPORD) prévus dans l’Accord de paix, soulignant ainsi le lien essentiel entre paix, stabilité et prospérité économique.
Une convergence d’approches constructives
Le Comité a reconnu des “progrès insuffisants” dans l’application de l’Accord et s’est engagé à redoubler d’efforts pour en accélérer la mise en œuvre. Les parties ont convenu d’actions spécifiques à court terme, notamment la neutralisation du groupe armé des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et de ses alliés.
Les délégués ont également examiné les préparatifs d’opérations conjointes dans une zone d’intérêt désignée, adopté un accord de mise en œuvre, et salué les efforts des deux pays visant à traduire leurs engagements en actions concrètes sur le terrain.
Kinshasa et Kigali ont réaffirmé leur volonté de s’abstenir de toute rhétorique ou action hostile, notamment dans les forums internationaux, afin de préserver l’esprit de coopération et d’éviter toute escalade susceptible de compromettre la mise en œuvre intégrale de l’Accord.
Enracinement de l’Accord de Doha
L’État du Qatar a informé le Comité des avancées enregistrées dans les négociations en cours à Doha entre la RDC et l’Alliance des forces du changement (AFC/M23), notamment sur la question de l’échange de prisonniers.
Le Comité a salué la première réunion du mécanisme de surveillance du cessez-le-feu de Doha, tenue le 5 novembre, exprimant son soutien ferme à cette dynamique et soulignant le rôle crucial du processus de Doha dans l’application globale de l’Accord de paix.
Maintenir la dynamique de Doha
Les parties ont exprimé un engagement partagé à maintenir l’élan du processus de paix, tout en remerciant les États-Unis, le Qatar, l’Union africaine et le Togo pour leur soutien indéfectible aux efforts visant la paix et la stabilité dans l’est de la RDC et dans la région des Grands Lacs.
Signé à Washington le 27 juin 2025, l’Accord de paix vise à mettre fin à plusieurs décennies de violences dans l’est de la RDC, théâtre d’affrontements avec des groupes armés dont le M23, que Kinshasa accuse d’être soutenu par Kigali, ce que le Rwanda continue de démentir. (Eco-TransContinentsAfrica)
