Sénégal-FMI : le programme de prêt dans un labyrinthe

ATTENTE. Le contact est maintenu entre le pays de la Teranga et l'institution de Bretton Woods mais, malgré les missions qui se suivent, Dakar n’a pas encore le prêt qu’il attend urgemment.

Sénégal-FMI : le programme de prêt dans un labyrinthe

Encore une mission qui n’a pas donné lieu à un accord. Â Dakar où il s’est rendu en ce début de novembre, Edward Gemayel, chef de la mission du Fonds monétaire international (FMI) conduite au Sénégal,  a déclaré que sa mission s’était achevée sans nouveau programme de prêt mais qu’il visait à en finaliser un dès que possible.

"Les discussions se poursuivront dans les semaines à venir”, a-t-il dit ajoutant que “le Sénégal était sérieux dans sa volonté de contrôler ses dettes” après avoir découvert des milliards de dettes que l'administration précédente n'avait pas signalés au FMI. Et de poursuivre : “Nous espérons pouvoir parvenir à une conclusion dans les semaines à venir”. 

Où en est-on aujourd’hui ? 

Le Fonds a gelé le précédent programme de prêt de 1,8 milliard de dollars du Sénégal l’année dernière après que les nouveaux dirigeants ont révélé ce qui a été qualifié de “dettes cachées” et dont le montant est à plus de 11 milliards de dollars. Du coup, le Fonds estime que désormais la dette totale du secteur public s'élève à 132 % du PIB, dont 4 % d'arriérés de dépenses intérieures.

Cette situation a conduit le Sénégal à chercher à obtenir un nouveau programme de prêts. Problème : il a aussi besoin que le conseil d’administration du FMI approuve une dérogation qui s’avère cruciale et ce à propos des déclarations erronées sur la dette. 

Chef de la mission du FMi au Sénégal, Edward Gemayel a rencontré les autorités sénégalaises et notamment le président Diomaye Faye.
Chef de la mission du FMi au Sénégal, Edward Gemayel a rencontré les autorités sénégalaises et notamment le président Diomaye Faye.

Selon Edward Gemayel,  le Fonds travaille actuellement sur la dérogation en même temps que sur le nouveau programme de prêt mais a tenu à signaler que les deux ne sont pas présentés au conseil d’administration en même temps.

Quid de l’appréciation sur le budget ?

Au regard de la situation actuelle, le budget du Sénégal vise un déficit de 5,4 % du PIB en 2026, soit une nouvelle réduction par rapport aux 7,8 % de cette année et aux 13,4 % du PIB en 2024. 

"Bien que l’ambition soit louable”, a indiqué Edward Gemayel, “le rendement fiscal très élevé présente un risque important, soulignant la nécessité de projections plus prudentes”. 

Pour rappel, le pays a entamé des discussions sur un nouveau programme le mois dernier et une équipe du FMI est à Dakar depuis le 22 octobre.

Quid de la dette ? 

"Des travaux techniques restent à effectuer sur l’analyse de la viabilité de la dette, laquelle déterminera ce que le Sénégal doit faire pour garantir le programme, y compris s’il pourrait avoir besoin de restructurer ses dettes”, a déclaré Edward Gemayel.

Sur ce point de la dette, “le Sénégal a l’intention de poursuivre la mise en œuvre d’opérations conventionnelles de gestion active de la dette, tant sur la dette intérieure que sur la dette extérieure et ce afin de réduire les vulnérabilités liées à la dette”, a déclaré le ministère sénégalais des Finances.

Du côté des investisseurs, ils sont divisés sur la question de savoir si le Fonds pourrait demander au Sénégal de restructurer sa dette, ce qui pourrait entraîner des pertes pour les créanciers, ou de la rééchelonner, ce qui prolongerait les échéances sans réduire le principal ou les intérêts.

"Ils sont très sérieux dans la mise en place de la trajectoire de consolidation qui est très agressive à notre avis... Cela montre à quel point ils sont déterminés à faire baisser la dette”, a salué le responsable du FMI.

Un ensemble d’éléments qui montrent combien la situation du Sénégal est délicate en ce moment. (Eco-TransContinentsAfrica)

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